Selon les recommandations 2024 de l’American Diabetes Association (ADA) (Association américaine du diabète), toutes les personnes vivant avec le diabète de type 1 (DT1) devraient avoir accès sans contraintes aux technologies du diabète (lecteurs de la glycémie en continu, pompes à insuline, pancréas artificiels), et ce, dès le diagnostic. Le dépistage de nombreuses maladies (p. ex. maladies auto-immunes) et complications du diabète (reins, yeux, nerfs) devrait aussi être offert systématiquement.
Composée de professionnels de la santé américains œuvrant dans le domaine du diabète, l’ADA publie chaque année des directives de soins à privilégier pour les personnes qui vivent avec le diabète (type 1 et type 2). Ces experts se basent sur les plus récentes études scientifiques pour établir leurs recommandations destinées aux cliniciens, chercheurs, décideurs politiques et toute personne œuvrant dans le domaine du diabète.
Voici les points saillants en lien avec le DT1.
Proposer un lecteur de la glycémie en continu dès le diagnostic
Selon les analyses de la littérature menées par les experts de l’ADA, plusieurs études scientifiques démontrent que l’utilisation d’un lecteur de la glycémie en continu aide à réduire le taux d’hémoglobine glyquée (ou taux HbA1c, soit la glycémie moyenne sur trois mois), ainsi que la fréquence et le nombre d’hypoglycémies, tant pour les adultes que pour les enfants.
L’ADA recommande donc aux médecins de présenter cette technologie dès le diagnostic, de la prescrire si elle est désirée par le patient et d’offrir des formations et de l’assistance technique pour son utilisation, afin d’aider les personnes de tous âges (ou leur famille) à optimiser plus rapidement la gestion des glycémies. L’association plaide par ailleurs pour un accès universel (et donc une meilleure couverture financière) à cet outil, et ce, tout au long de la vie. Les experts font valoir les études rapportant que lorsqu’une personne doit arrêter d’utiliser un lecteur de la glycémie en continu par manque de ressources financières ou la perte d’une assurance publique ou privée, il s’ensuit généralement une détérioration de la gestion des glycémies.
Favoriser le recours aux pompes ou aux systèmes automatisés d’administration de l’insuline
Les experts de l’ADA recommandent également que les pompes à insuline et les pancréas artificiels (qui combinent une pompe, un lecteur de la glycémie en continu et un logiciel permettant d’ajuster automatiquement une partie de l’administration de l’insuline) soient plus accessibles et plus souvent proposés comme option de traitement à toute personne souhaitant et étant en mesure d’utiliser ces technologies de façon sécuritaire.
Les études démontrent en effet que ces outils permettent d’améliorer la gestion des glycémies avec plus de temps passé dans la cible, de réduire le taux d’hémoglobine glyquée (HbA1c) et de diminuer les risques de complications tant aiguës – notamment l’hypoglycémie sévère et l’acidocétose, une forme grave d’hyperglycémie liée à un manque d’insuline -, que chroniques – en particulier, la rétinopathie (les yeux) et la neuropathie (les nerfs).
Dépister les complications du diabète et les maladies auto-immunes
Le dépistage des complications du diabète devrait commencer 5 ans après le diagnostic, souligne l’ADA, en particulier celles pouvant toucher les reins (par une prise de sang et l’analyse des urines), les yeux (par l’analyse du fond d’œil) et les nerfs (par un examen de la sensibilité des pieds à l’aide d’un petit filament). Ces tests doivent être répétés tous les ans pour les reins et une fois par an ou par deux ans pour les yeux et les nerfs. Il ne faut pas attendre d’avoir des symptômes pour faire ces dépistages.
L’ADA recommande également d’être attentif à la santé des os et de faire un dépistage de l’ostéoporose (os fragiles) après l’âge de 65 ans. En effet, le risque de fracture est accru chez les personnes qui vivent avec le DT1. Ce dépistage pourrait être proposé plus tôt en présence d’autres facteurs qui majorent ce risque (ex. prise de cortisone, tabagisme). L’ADA préconise aussi d’offrir aux personnes vivant avec le DT1 des conseils nutritionnels (p. ex. sur l’importance du calcium et de la vitamine D), et de les encourager à pratiquer de l’activité physique, deux éléments qui réduisent le risque d’ostéoporose.
L’Association prescrit aussi de porter une attention particulière aux éventuelles maladies auto-immunes pouvant être associées au DT1; par exemple, des maladies de la thyroïde (glande située dans le cou), la maladie cœliaque (intolérance au gluten) et l’anémie pernicieuse (manque de globules rouges à cause d’une incapacité à absorber la vitamine B12).
Identifier rapidement les troubles de santé mentale
L’autogestion du DT1 peut devenir une source de stress et même un véritable fardeau pour les personnes vivant avec cette condition. L’ADA insiste sur l’importance du dépistage d’éventuels problèmes de santé mentale (détresse diabétique, dépression, anxiété, troubles de conduite alimentaire) dans le suivi de routine par l’équipe de soins en diabète, afin d’identifier rapidement les personnes vivant avec le DT1 ou les membres de leur famille qui ont besoin d’aide. Des formations, du soutien psychologique ou des thérapies devraient par ailleurs être offerts à toutes les personnes vivant avec le DT1.
Toutes ces lignes directrices témoignent de l’importance qu’ont les études scientifiques sur l’amélioration de la qualité de vie des personnes qui vivent avec le DT1.
Votre participation à la recherche, notamment au registre BETTER, permet aux scientifiques d’accéder à des données qui reflètent votre quotidien avec le DT1 (données de vie réelle). C’est une manière pour vous de collaborer au développement de meilleurs soins, mais aussi au plaidoyer pour une accessibilité sans barrière aux technologies du diabète.
Références :
American Diabetes Association Professional Practice Committee. Standards of Care in Diabetes – 2024. Diabetes Cares 47: 1-4. https://diabetesjournals.org/care/issue/47/Supplement_1
American Diabetes Association Professional Practice Committee. 2024 Abridged Standards of Care. https://diabetesjournals.org/collection/2018/2024-Abridged-Standards-of-Care
Écrit par : Nathalie Kinnard, rédactrice scientifique et assistante de recherche
Révisé par :
- Rémi Rabasa-Lhoret, M.D., Ph. D.
- Sarah Haag, R.N., B. Sc.
- Anne-Sophie Brazeau, Dt.P., Ph. D.
- Claude Laforest, Jacques Pelletier et Michel Dostie, patients partenaires du projet BETTER.
Révision linguistique par : Marie-Christine Payette
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