Le diabète de type 1 et les finances: l’accès aux technologies et le niveau de couverture influencent les taux d’HbA1c des enfants partout au monde

Les points clés à retenir

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L’HbA1c est une mesure importante de la glycémie au fil du temps.

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L’étude consistait à comparer les taux moyens d’HbA1c à l’échelle mondiale d’enfants qui vivent avec le diabète de type 1 (DT1) et les différents niveaux de couverture de l’insuline et des technologies de traitement du DT1.

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En moyenne, les taux d’HbA1c des enfants qui vivent dans des régions où l’insuline, les glucomètres et les systèmes de surveillance du glucose en continu (SGC) sont couverts à 100 % sont beaucoup moins élevés.

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Dans les régions où les coûts sont couverts à 100 %, de deux à quatre fois plus d’enfants ont un taux d’HbA1c dans les cibles.

Depuis sa découverte, l’insuline est le principal outil de gestion du diabète de type 1 (DT1). Ces dernières années, l’arrivée de nouvelles technologies pour l’administration de l’insuline et la mesure de la glycémie a radicalement transformé les façons de gérer le DT1.

De nombreux patients ont laissé de côté les piqûres sur les doigts et les bandelettes de glycémie pour se tourner vers les systèmes de surveillance du glucose en continu (SGC), lesquels permettent de connaître la glycémie en temps réel d’une minute à l’autre et de brosser un portrait plus complet des variations glycémiques. Il demeure néanmoins important que les outils de base tels que les glucomètres soient accessibles à tous, avec ou sans SGC. Parallèlement, de nombreuses personnes préfèrent maintenant les pompes à insuline (perfusion d’insuline sous-cutanée continue) aux injections multiples quotidiennes.

Les systèmes d’administration automatisée de l’insuline (AAI), aussi appelés pancréas artificiels ou systèmes à boucle fermée hybrides, sont la plus récente technologie offerte sur le marché. Ils consistent en une pompe à insuline qui ajuste automatiquement l’administration d’insuline en fonction des glycémies affichées par la SGC pour gérer les fluctuations glycémiques. Il est cependant nécessaire d’entrer des données manuellement pour ajuster les bolus. Diabète Canada recommande actuellement l’utilisation des nouvelles technologies de traitement, notamment les systèmes d’AAI, pour toutes les personnes, y compris les enfants, qui vivent avec le DT1 et qui souhaitent les utiliser. L’organisation cite notamment les bienfaits de ces technologies sur la qualité de vie ainsi que sur les taux d’HbA1c. Cependant, l’accès aux plus récentes technologies et leur coût demeurent un obstacle au Canada, et plus particulièrement dans les pays en développement.

Comment l’HbA1c est-elle influencée par l’accès?

L’HbA1c, aussi appelée A1C ou hémoglobine glyquée, est la mesure des taux de glycémie moyens dans les derniers deux à trois mois. Pour les adultes qui vivent avec le DT1, le taux cible est généralement <7 %, mais celui-ci peut varier. Pour les enfants, l’International Society for Pediatric and Adolescent Diabetes (ISPAD) recommande une cible de <6,5 %. Une étude menée en 2025 a comparé les taux moyens d’HbA1c d’enfants qui vivent avec le DT1 et, selon la région de leur centre de diabète, le niveau de couverture de l’insuline, des glucomètres, de la SGC et des pompes à insuline ainsi que l’accès à ces outils. Les données proviennent de 42 349 enfants et jeunes adultes (<21 ans) qui vivent avec le DT1, de 81 centres répartis sur 56 pays.

Les centres ont été classés selon l’accès et le niveau de couverture.

  1. Accès complet et couverture complète
  2. Couverture limitée
  3. Aucune couverture (coût assumé par le patient)
  4. Aucun accès, possibilité d’une couverture assumée par des organismes de bienfaisance

La couverture des technologies pour le DT1 fluctue à l’échelle mondiale

Dans 19 des 56 pays observés (34 %), la couverture est entière pour les quatre éléments (insuline, SGC, pompes à insuline, glucomètres). À l’opposé, il n’y a aucun remboursement pour les mêmes éléments dans 8 pays. Dans l’ensemble, la SGC est plus couramment couverte que les pompes à insuline et systèmes d’AAI, et la majorité des pays à l’extérieur de l’Europe ne couvrent pas entièrement l’insuline.

La couverture complète favorise des taux d’HbA1c moins élevés

L’accès à ces quatre éléments et leur couverture complète sont deux critères associés à des taux moyens d’HbA1c moins élevés. Dans les centres où la SGC est entièrement accessible et couverte, le taux d’HbA1c s’élève à 7,6 %, par rapport à 9,6 % dans les centres où aucune couverture n’est offerte ou où celle-ci dépend d’organismes de bienfaisance. Là où les pompes à insuline, les glucomètres et l’insuline sont complètement accessibles et couverts, les taux moyens d’HbA1c atteignent 7,6-7,7 %, par rapport à 10,1-10,5 % dans les centres où il n’y aucun accès et aucune couverture pour ces trois éléments.  

La couverture complète favorise l’atteinte des cibles d’HbA1c

Les enfants qui ont une couverture et un accès complets aux pompes à insuline et à la SGC atteignent les cibles d’HbA1c (< 6,5 %) dans une proportion de 19 %. En contexte de couverture limitée, cette proportion atteint 10 %, et là où les coûts sont assumés par les patients ou où ces technologies ne sont pas accessibles, seuls 5-8 % atteignent les cibles.   

Et les inégalités socioéconomiques au Canada?

Au Canada, les centres situés en Alberta et en Nouvelle-Écosse ont été classés dans la catégorie de couverture limitée, étant donné que certains types d’insuline largement utilisés dans d’autres provinces ne sont pas entièrement couverts ou ont certaines limites d’accès (p. ex., franchise, critères restrictifs). De plus, au Québec, la couverture des pompes à insuline n’est offerte qu’aux personnes qui commencent ce traitement avant l’âge de 18 ans. Il y a donc encore beaucoup à faire pour améliorer la situation au Canada.  

Les facteurs socioéconomiques, à l’instar des régimes publics d’assurance maladie, ont un profond impact sur la santé des individus et de la population en général. Des données tirées du registre BETTER suggèrent qu’il en est de même dans le contexte du DT1 : plus le statut socioéconomique d’une personne est élevé, plus elle utilise les technologies, et moins elle présente de complications à court et à long terme. Il existe tout de même des prestations et des crédits fédéraux qui peuvent aider les personnes et les familles qui vivent avec le diabète de type 1 à composer avec le coût élevé lié à la gestion du diabète.

Dans l’ensemble, les données observées démontrent l’importance de l’accessibilité aux composantes essentielles du traitement (insuline, SGC, pompes) et de leur abordabilité pour aider les personnes qui vivent avec le DT1 à atteindre les cibles glycémiques et à éviter les complications graves.

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Référence:

Santova A, de Bock M, Lanzinger S, Goldbloom EB, Bratina N, Barcala C, Alhomaidah D, Pande AR, Guness PK, Dzivite-Krisane I, Limbert C, Sumnik Z; SWEET Study Group. Global Inequities in Diabetes Technology and Insulin Access and Glycemic Outcomes. JAMA Netw Open. 2025 Aug 1;8(8):e2528933. doi: 10.1001/jamanetworkopen.2025.28933. PMID: 40864470; PMCID: PMC12391998.pom

Écrit par : Cassandra Locatelli, PhD

Révisé par :

  • Sarah Haag, infirmière clinicienne, B.Sc.
  • Rémi Rabasa-Lhoret, MD, PhD
  • Anne-Sophie Brazeau, RD, PhD
  • Darrin Davis, Pamela Dawe, patients partenaires

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