La destruction des cellules productrices d’insuline cause le diabète de type 1 (DT1), et exige le traitement à l’insuline à vie. La période avant le diagnostic où le corps ne produit plus assez d’insuline est habituellement caractérisée par une perte de poids, alors que le corps n’est plus capable d’utiliser le sucre présent dans le sang. Dans le passé, les personnes avec le DT1 avaient généralement un poids santé, mais depuis ces dernières décennies, l’obésité touche de plus en plus de personnes, tant dans la population en général que chez les personnes avec le DT1.
Le poids corporel peut être comparé d’une population à l’autre grâce à l’indice de masse corporelle (IMC)— bien qu’il s’agisse d’une mesure imparfaite. Ainsi, les Ces personnes sont également plus nombreuses à présenter un taux d’HbA1c plus élevé et des complications liées au diabète (p. ex., maladies cardiaques, dommages occulaires).
Depuis l’arrivée d’Ozempic (sémaglutide) sur le marché, les médicaments qui servent à la fois à la gestion du diabète et à la perte de poids gagnent en popularité. Les participants au registre BETTER utilisent des adjuvants médicamenteux, c’est-à-dire des médicaments qui sont approuvés pour la gestion du diabète de type 2 et non du type 1, dans une proportion de 14 %. Leur rôle, couplé au traitement à l’insuline, est de faciliter la gestion de la glycémie et même de potentiellement réduire les risques de complications cardiaques et rénales et de gérer le poids corporel pour améliorer la santé (p. ex., améliorer la pression artérielle ou l’apnée du sommeil). Malgré l’appui de Diabète Canada en raison de leurs bienfaits, le traitement aux adjuvants médicamenteux n’a pas reçu l’approbation de Santé Canada pour les personnes avec le DT1.
Des études impliquant des personnes qui vivent avec le diabète de type 2 et l’obésité ont démontré qu’en moyenne, la perte de poids est plus importante avec le tirzépatide qu’avec le sémaglutide (Ozempic).
En quoi le tirzépatide est-il différent?
Le tirzépatide imite le même messager naturel que le sémaglutide, c’est-à-dire une hormone de l’appareil digestif qui influence l’appétit. Il imite aussi un deuxième messager partenaire. À leur état naturel, ces messagers (aussi appelés les incrétines) sont libérés dans le tube digestif en réaction à l’ingestion de nourriture et contribuent à réduire l’appétit et à atteindre la satiété en envoyant des signaux au cerveau et à l’estomac. Chez les personnes qui ont suffisamment de cellules productrices d’insuline (c.-à-d., non diabétiques), les incrétines augmentent également la réponse naturelle de l’insuline à l’ingestion d’aliments.
Le tirzépatide est-il efficace en contexte de DT1?
Dans le cadre d’une étude récente, 24 personnes qui vivent avec le DT1 et l’obésité ont pris le tirzépatide. Les participants ont été divisés en deux groupes, à l’aveugle; un groupe recevait du tirzépatide, l’autre, un placebo (une injection hebdomadaire sans médicament actif), pendant 12 semaines.
Perte de poids chez les personnes avec le DT1
Au terme des 12 semaines, les participants qui ont pris le tirzépatide ont perdu 10 kg (22 lbs) en moyenne et ceux qui ont reçu le placebo, 0.7 kg (1,5 lbs). Tous les participants du groupe qui ont pris le tirzépatide ont perdu entre 5 % et 15 % de leur poids corporel, par rapport à une seule personne dans le groupe qui a reçu le placebo. La perte de poids n’a pas affecté la masse musculaire; c’est plutôt le gras qui a été éliminé. Les participants ont aussi dit se sentir plus rassasiés et moins ballonnés.
Réduction des doses d’insuline
Dans les deux groupes, le temps passé dans les cibles glycémiques pendant la durée de l’étude a augmenté de 3 %. Le groupe qui a reçu du tirzépatide a vu ses doses totales d’insuline (bolus et basal) réduire de 35 %; aucun changement n’a été signalé dans l’autre groupe. En moyenne, les taux d’HbA1c du premier groupe ont baissé de 0,5 %, et dans le deuxième groupe, ils ont été peu affectés.
Satisfaisant, malgré les effets indésirables
Aucun épisode d’hypoglycémie sévère ou d’acidocétose diabétique n’a été signalé dans le cadre de cette étude. Les participants qui ont reçu le tirzépatide ont signalé des effets indésirables (p. ex., reflux, nausées, vomissements) dans une proportion de 75 %, mais aucun n’a interrompu le traitement. Tous les participants de ce groupe se sont dits satisfaits de la façon dont le tirzépatide répond à leurs besoins liés au DT1, alors que seulement 37 % des participants qui ont pris le placebo ont affirmé la même chose.
Y a-t-il un avenir pour le tirzépatide et le DT1?
Cette étude est le premier essai clinique randomisé du tirzépatide chez les personnes qui ont le DT1. L’échantillon est très petit, mais les résultats sont prometteurs. Pour démontrer l’efficacité du tirzépatide chez les personnes avec le DT1, des études plus longues et plus approfondies seront nécessaires.
Chez les personnes avec le DT1, l’obésité pose des obstacles additionnels, notamment des difficultés avec la santé physique et mentale, qui peuvent varier selon le sexe. Dans l’avenir, des études devront se pencher sur les effets holistiques, notamment sur la santé mentale, du tirzépatide et d’autres médicaments pour la perte de poids, sur les effets indésirables propres au DT1 (p. ex., risque d’hypoglycémie), sur la gestion élargie du DT1 et sur le potentiel de réduction des problèmes cardiaques. Enfin, dans le cas où cette classe de médicaments est approuvée pour un plus grand nombre d’applications, il faudra également aborder les questions d’accès et de coût.
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Référence: Snaith JR, Frampton R, Samocha-Bonet D, Greenfield JR. Tirzepatide in Adults With Type 1 Diabetes: A Phase 2 Randomized Placebo-Controlled Clinical Trial. Diabetes Care. 2025 Nov 20:dc252379. doi: 10.2337/dc25-2379. Epub ahead of print. PMID: 41264593.
Écrit par : Cassandra Locatelli, PhD
Révisé par :
- Sarah Haag, infirmière clinicienne, B.Sc.
- Rémi Rabasa-Lhoret, MD, PhD
- Pamela Dawe, Anna Theroux, patientes partenaires
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