Inégalités sociales et utilisation des technologies pour le diabète de type 1

Les avancées technologiques, telles que les pompes à insuline et les lecteurs de la glycémie en continu, ont radicalement transformé la vie avec le diabète de type 1 (DT1). Ces outils facilitent la gestion de la glycémie, réduisent les hypoglycémies et améliorent la qualité de vie des personnes vivant avec le DT1. Cependant, l’utilisation de ces technologies reste inégale et dépend fortement du contexte socio-économique (comme le revenu ou l’accès aux assurances) et des facteurs démographiques (tels que l’âge, le sexe ou le lieu de résidence). Ces inégalités font que l’accès à ces ressources n’est pas toujours garanti, même lorsqu’elles sont disponibles.

Une étude menée à partir des données du registre BETTER met en lumière les différences sociodémographiques entre les utilisateurs et non-utilisateurs des technologies de gestion du DT1 (pompes à insuline et lecteurs de la glycémie en continu) chez les adultes vivant au Québec. Certains facteurs, tels que le revenu, le niveau d’éducation, l’origine ethnique et le type d’assurance, semblent influencer l’utilisation de ces technologies en la facilitant pour certains ou en la limitant pour d’autres.

Qu’est-ce que le registre BETTER?

Le registre BETTER collecte des informations sur les personnes vivant avec le DT1 au Canada. Toute personne qui vit, ou qui a un enfant qui vit avec le DT1 peut s’inscrire en ligne et répondre à un ou des questionnaire(s) pour partager son expérience avec cette condition. Grâce à ce registre, des données importantes sont recueillies pour mieux comprendre la gestion du diabète et son effet sur les différentes sphères de la vie, afin d’améliorer les connaissances, les soins et favoriser l’égalité dans l’accès aux traitements et aux technologies. 

Inégalités sociales et utilisation des technologies

L’étude, menée auprès de plus de 2 300 adultes vivant avec le DT1 au Québec, s’est intéressée à la manière dont les facteurs sociaux (revenu, niveau d’éducation, groupe ethnique, accès aux assurances) pouvaient influencer l’utilisation des technologies, telles que les pompes à insuline et les lecteurs de la glycémie en continu. Elle a aussi cherché à observer l’incidence de ces facteurs sociaux sur la santé comme la gestion de la glycémie, les hypoglycémies sévères et les hospitalisations liées au diabète.

Les résultats clés

Voici quelques conclusions importantes de l’étude :

  • Une utilisation des technologies inégale : L’utilisation des pompes à insuline est moins fréquente chez les personnes ayant un revenu inférieur à 80 000 $ par an, celles n’ayant pas de diplôme universitaire ou encore celles issues de groupes raciaux et ethniques minoritaires. L’étude montre également que même si les lecteurs de la glycémie en continu sont un peu plus répandus, leur accès reste difficile, surtout pour les populations les plus défavorisées (p. ex. faible revenu, absence d’assurance privée).
  • Les inégalités sociales réduisent l’utilisation des technologies : Plus une personne vit dans une situation sociale difficile, moins elle a de chances d’utiliser ces technologies. Le cumul de plusieurs inégalités sociales (comme un faible revenu et l’absence d’assurance privée) diminue encore davantage les chances d’avoir accès à des outils comme la pompe à insuline ou le lecteur de la glycémie en continu.
  • Des conséquences sur la santé : Plus les personnes faisaient face à des inégalités sociales, plus leur glycémie moyenne dans les trois derniers mois (HbA1c) était élevée, signalant une gestion moins efficace du diabète. Ces personnes étaient également plus à risque de souffrir d’hypoglycémies sévères et d’hospitalisations liées au diabète. Ces résultats concordent avec une autre étude menée à l’aide du registre BETTER, qui montre que malgré un régime public d’assurance maladie, les inégalités socio-économiques continuent d’influencer fortement les risques de complications à court et long terme chez les personnes vivant avec le DT1.

Pourquoi cette étude est importante?

Cette étude montre que même si des programmes de financement public existent, il y a encore de grandes inégalités dans l’utilisation des technologies pour le DT1. Cela prouve qu’il ne suffit pas de rendre ces outils disponibles, il faut aussi s’assurer que tout le monde peut y avoir accès, peu importe sa situation sociale. Ces technologies sont essentielles, car elles aident à faciliter la gestion de la glycémie et à maintenir une santé optimale.

Que pouvons-nous faire pour améliorer la situation?

Il est essentiel de mettre en place des solutions pour rendre les technologies de gestion du diabète plus accessibles, surtout pour les personnes en situation de précarité. Cela pourrait passer par des programmes spécifiques qui aident à surmonter non seulement les obstacles financiers, mais aussi les autres barrières telles que la méconnaissance des technologies, la difficulté d’accès, ou encore des préjugés que peuvent entretenir certains professionnels de la santé par manque d’éducation. Des initiatives comme Support, qui vise à améliorer les connaissances tant des adultes vivant avec le DT1 que des professionnels de la santé, jouent un rôle clé pour réduire ces obstacles et favoriser un meilleur accès aux technologies.

Bien que le financement public ait facilité l’accès aux lecteurs de la glycémie en continu, il reste encore du travail à faire pour s’assurer que toutes les personnes vivant avec le diabète aient les mêmes chances de prendre soin de leur santé, quelle que soit leur situation sociale. Il est essentiel de continuer à éliminer ces obstacles afin que chacun puisse vivre avec le diabète de manière plus autonome et en toute sécurité.

Inscrivez-vous dès maintenant au registre BETTER pour contribuer à faire avancer la recherche et améliorer l’accès aux soins pour les personnes vivant avec le DT1.

Référence : 

  • Khodabandehloo, Parisa et al. “Social disadvantage and technology use among adults with type 1 diabetes in Quebec: A cross-sectional study using data from the Canadian T1D (BETTER) Registry.” Diabetes, obesity & metabolism, 10.1111/dom.16426. 29 Apr. 2025, doi:10.1111/dom.16426

Écrit par : Sarah Haag, infirmière clinicienne, B.Sc.

Révisé par :

  • Amélie Roy-Fleming, DtP, ÉAD, MSc
  • Anne-Sophie Brazeau, DtP, PhD
  • Rémi Rabasa-Lhoret, MD, PhD
  • Michel Dostie, Jaques Pelletier, Aude Bandini, Claude Laforest, patient·e·s partenaires

Révision linguistique par : Marie-Christine Payette

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