Pourquoi certaines personnes vivant avec le diabète de type 1 ont-elles besoin de plus d’insuline que d’autres ?

Que nous apprend le registre BETTER sur le diabète de type 1 ?

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Une analyse réalisée auprès de 1 033 adultes vivant avec le diabète de type 1 (DT1) inscrits au registre BETTER a permis d’étudier les besoins en insuline et la résistance à l’insuline.

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Les besoins en insuline varient grandement, peu importe l’HbA1c ou la résistance à l’insuline.

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Les personnes utilisant une pompe à insuline ont tendance à utiliser moins d’insuline par rapport à leur poids corporel que celles utilisant plusieurs injections par jour.

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Une meilleure compréhension de la résistance à l’insuline et de son rôle potentiel dans l’amélioration des soins du DT1 est nécessaire.

L’insuline est un médicament essentiel au maintien de la vie pour les personnes vivant avec le diabète de type 1 (DT1). Aujourd’hui, il existe plusieurs types d’insuline, avec différentes durées et vitesses d’action, ainsi que différentes façons de l’administrer.

Les besoins en insuline sont influencés par plus de 40 facteurs, incluant l’activité physique, l’alimentation, mais aussi des éléments sur lesquels nous n’avons aucun contrôle, comme la température ambiante ou les différentes étapes de la vie. Cela signifie que les besoins en insuline peuvent varier d’une personne à l’autre, mais aussi changer au fil du temps et même d’une journée à l’autre.

La résistance à l’insuline dans le DT1?

Un facteur important pouvant influencer les besoins en insuline est la résistance à l’insuline. Lorsque le corps devient moins sensible à l’insuline, une plus grande quantité d’insuline est nécessaire pour obtenir un effet similaire sur la glycémie. Toutefois, cette augmentation des doses d’insuline peut également contribuer à aggraver la résistance à l’insuline.

Bien qu’elle soit surtout reconnue comme un facteur majeur contribuant à l’hyperglycémie dans le diabète de type 2, la résistance à l’insuline et des niveaux élevés d’insuline dans le sang pourraient également avoir des conséquences importantes chez les personnes vivant avec le DT1. Certains facteurs sont bien connus pour être associés à la résistance à l’insuline, notamment des événements physiologiques comme la puberté ou la grossesse, certains comportements comme un mode de vie sédentaire, ou encore les effets secondaires de certains médicaments (par exemple, la cortisone). Bien qu’elle soit moins souvent abordée, la résistance à l’insuline pourrait devenir un indicateur de plus en plus pertinent pour les personnes vivant avec le DT1 afin de mieux comprendre l’évolution de leurs besoins en insuline et de soutenir leurs décisions liées à la gestion du diabète.

Une étude récente réalisée à partir des données du registre BETTER a examiné l’éventail des besoins en insuline et estimé la résistance à l’insuline chez 1 033 personnes vivant avec le DT1 au Canada, afin de mieux comprendre la relation entre ces deux éléments.

Les besoins quotidiens en insuline varient grandement chez les personnes vivant avec le DT1

Quel que soit le niveau d’HbA1c , les besoins quotidiens en insuline des participant·e·s (dose totale quotidienne ajustée selon le poids corporel) variaient considérablement, allant de faibles à élevés. Cependant, l’utilisation maximale d’insuline était beaucoup plus faible chez les personnes utilisant une pompe à insuline comparativement aux personnes utilisant plusieurs injections quotidiennes. Les participant·e·s ayant une HbA1c plus élevée utilisaient en moyenne davantage d’insuline. Toutefois, une grande diversité était observée entre les individus, démontrant que les besoins en insuline peuvent être très différents d’une personne à l’autre.

Résistance à l’insuline et dose quotidienne d’insuline

Afin d’estimer la résistance à l’insuline, cette étude a utilisé un calcul tenant compte de l’indice de masse corporelle (IMC), de l’hypertension artérielle et de l’HbA1c. Bien qu’il ne s’agisse pas d’une mesure directe de la résistance à l’insuline, cet indicateur a déjà démontré une bonne corrélation avec des mesures plus précises de résistance à l’insuline, ainsi qu’avec un risque accru de certaines complications à long terme du DT1, comme les maladies cardiovasculaires.

Comme pour l’HbA1c, les besoins quotidiens en insuline couvraient toute l’étendue des valeurs possibles chez les participant·e·s classé·e·s comme ayant une résistance à l’insuline faible, intermédiaire ou élevée. Cela indique que ce calcul ne tient probablement pas compte de l’exposition à l’insuline elle-même, qui pourrait également contribuer au développement d’une résistance à l’insuline.

Et maintenant?

Cette étude démontre clairement que les besoins en insuline des personnes vivant avec le DT1 sont extrêmement variables, que leur HbA1c ou leur niveau de résistance à l’insuline soit faible ou élevé.

Elle soulève également une question importante : est-ce que des mesures de résistance à l’insuline combinées à la quantité quotidienne d’insuline nécessaire pour atteindre une certaine HbA1c pourraient devenir un outil clinique permettant de mieux personnaliser les soins ?

Peu importe le niveau de résistance à l’insuline, l’insuline demeure un traitement essentiel pour les personnes vivant avec le DT1.

Certaines habitudes de vie peuvent contribuer à améliorer la sensibilité à l’insuline, notamment :

  • être plus actif physiquement ;
  • réduire la graisse abdominale.

En matière de traitement, l’utilisation d’une pompe à insuline ou d’un pancréas artificiel pourrait représenter une méthode d’administration plus efficace (p.ex. nécessitant moins d’insuline pour obtenir un effet similaire sur la glycémie) comparativement aux injections.

Certains médicaments « adjuvants » (c’est-à-dire utilisés en complément de l’insuline), comme la metformine, l’Ozempic ou le Mounjaro approuvés pour le diabète de type 2 et la gestion du poids, pourraient également contribuer à améliorer la sensibilité à l’insuline dans certains cas spécifiques.

Référence:

Messier V, Ramsay T, Rabasa-Lhoret R, Sun CJ. L’éventail des besoins en insuline exogène chez les personnes vivant avec le diabète de type 1 : une analyse transversale. Diabetes Obes Metab. Avril 2026;28(4):3411-3414. doi : 10.1111/dom.70467. Publication en ligne le 12 janvier 2026. PMID : 41521907; PMCID : PMC12992158.

Écrit par : Cassandra Locatelli, PhD

Révisé par :

  • Rémi Rabasa-Lhoret, MD, PhD
  • Anne-Sophie Brazeau, DtP., PhD
  • Pamela Dawe, Ana Theroux, patientes partenaires

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