L’activité physique apporte de nombreux bénéfices pour la santé physique et mentale. Chez les personnes vivant avec le diabète de type 1 (DT1), elle améliore la sensibilité à l’insuline, mais peut également entraîner des variations importantes de la glycémie.
Les exercices de haute intensité peuvent provoquer une hyperglycémie, tandis que l’hypoglycémie est fréquente pendant et après les exercices d’intensité modérée. Cette dernière constitue l’une des principales barrières à la pratique régulière d’une activité physique.
Ainsi, de meilleures stratégies de prévention de l’hypoglycémie sont essentielles pour favoriser l’activité physique tout en assurant la sécurité des personnes vivant avec le DT1.
Au cours des dernières décennies, les technologies de prise en charge du DT1 ont beaucoup évolué avec les lecteurs de la glycémie en continu, les pompes à insuline et les systèmes d’administration automatisée de l’insuline, également appelés pancréas artificiels. Ces derniers augmentent généralement le temps passé dans la plage glycémique cible et peuvent aider à gérer la glycémie pendant l’exercice, bien que les stratégies de gestion puissent varier selon les dispositifs.
L’activité physique est-elle plus fréquente chez les utilisateurs de «pancréas artificiels» ?
Le registre BETTER est une initiative de recherche canadienne qui recueille des données directement rapportées par les personnes vivant avec le DT1.
Une étude précédente menée sur les données du registre BETTER avait déjà documenté les barrières à l’activité physique chez les personnes utilisant des «pancréas artificiels». La question posée ici était la suivante : les personnes utilisant ces systèmes font-elles plus d’exercice que celles utilisant d’autres technologies ?
Cette étude du registre BETTER a été menée grâce aux données de 1156 adultes vivant avec le DT1. Les participants ont été répartis en quatre groupes selon la technologie utilisée : «pancréas artificiels», pompe à insuline et lecteur de la glycémie en continu (sans automatisation), injections d’insuline avec et sans lecteur de la glycémie en continu
Les personnes utilisant des «pancréas artificiels» atteignent plus souvent les cibles d’HbA1c
La moitié des utilisatrices et utilisateurs de «pancréas artificiels» ont rapporté une HbA1c inférieure à 7 %, contre 31 à 37 % dans les trois autres groupes. Cependant, ces personnes ont aussi plus souvent un niveau d’éducation et un revenu plus élevé. Elles rapportent aussi un peu moins d’hypoglycémies légères.
L’activité physique est similaire entre les groupes
Dans tous les groupes utilisant des technologies, la majorité des participants (77 à 87 %) ont rapporté au moins 10 minutes d’activité physique (tout mouvement, sport ou travail physique entraînant une respiration plus rapide que la normale) au cours de la semaine précédente, les utilisateurs de«pancréas artificiels» étant dans la fourchette supérieure.
Cependant, dans tous les groupes, 31 % ou moins des participants atteignaient la recommandation de 150 minutes d’activité physique modérée à vigoureuse par semaine pour les personnes vivant avec le diabète.
Quelles barrières à l’activité physique ?
Indépendamment de la technologie utilisée, les principales barrières à l’activité physique (p. ex. peur des blessures, conditions météorologiques, peur de l’hypoglycémie/hyperglycémie, autres problèmes de santé) étaient similaires entre les groupes.
Ce qu’on peut retenir
Dans la population générale, environ 50 % des adultes atteignent la recommandation de 150 minutes d’activité physique modérée à vigoureuse par semaine, soit environ 20 % de plus que dans cette étude. Cela montre que les technologies actuelles ne suffisent pas à elles seules à lever les freins à l’exercice chez les personnes vivant avec le DT1.
Ainsi, un meilleur soutien à l’activité physique chez les personnes vivant avec le DT1 et une meilleure compréhension de l’utilisation optimale des technologies sont nécessaires. Enfin, l’utilisation des technologies les plus récentes (lecteurs de la glycémie en continu, pompes à insuline et «pancréas artificiels») était plus fréquente chez les personnes ayant un revenu plus élevé, ce qui souligne des inégalités pouvant influencer le traitement.
Contribuez à la recherche !
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Références
- Chahal T, Alexandre-Heymann L, Yardley JE, Grou C, Guédet C, Messier V, Boudreau V, Courchesne A, Brazeau AS, Rabasa-Lhoret R, Wu Z. Automated insulin delivery system use and physical activity levels in adults with type 1 diabetes: A BETTER registry analysis. Diabet Med. 2026 Feb;43(2):e70192. doi: 10.1111/dme.70192. Epub 2025 Dec 13. PMID: 41389295; PMCID: PMC12857871.
- Colberg SR, Sigal RJ, Yardley JE, Riddell MC, Dunstan DW, Dempsey PC, Horton ES, Castorino K, Tate DF. Physical Activity/Exercise and Diabetes: A Position Statement of the American Diabetes Association. Diabetes Care. 2016 Nov;39(11):2065-2079. doi: 10.2337/dc16-1728. PMID: 27926890; PMCID: PMC6908414.
Écrit par : Cassandra Locatelli, PhD
Révisé par :
- Anne-Sophie Brazeau, DtP., PhD
- Pamela Dawe, Ana Theroux, patientes partenaires
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