Marcher 10 000 pas par jour quand on vit avec le diabète de type 1 : est-ce vraiment bénéfique ?

Que nous apprend le registre BETTER sur le diabète de type 1 ?

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Les données collectées sur le nombre de pas quotidiens effectués de 383 personnes vivant avec le diabète de type 1 (DT1) du registre BETTER ont été analysées.

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Les bénéfices sur la santé observés commencent dès 7 000 pas par jour où les taux d’HbA1c sont plus bas sans augmenter la fréquence des hypoglycémies. Et plus on marche, plus ils se confirment.

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A partir de 10 000 pas par jour, les personnes vivant avec le DT1 rapportent moins de symptômes d’anxiété et de dépression.

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Marcher davantage au quotidien peut être un levier simple et concret vers une meilleure santé.  

Marcher ne demande ni équipement particulier, ni abonnement à une salle de sport, ni horaire fixe: c’est l’une des formes d’activité les plus simples et accessibles. On peut marcher pour aller travailler, faire ses courses, promener son chien. Et pourtant, ce mouvement discret compte vraiment. Dans la population générale, atteindre entre 7 000 et 10 000 pas par jour est reconnu comme bénéfique pour la santé, notamment pour la santé cardiovasculaire.

Mais qu’en est-il pour les personnes vivant avec le diabète de type 1 (DT1)?

Vivre avec le DT1 c’est gérer un équilibre délicat au quotidien: surveiller sa glycémie, ajuster l’insuline, planifier les repas, anticiper les imprévus… Et dans ce contexte, la pratique d’activité physique nécessite des stratégies et une surveillance particulière. La glycémie  varie en effet différemment selon le type d’activité, son intensité, sa durée, le moment de la journée et les caractéristiques propres à chacun (âge, sexe, niveau d’activité physique, …). Sans oublier la crainte des hypoglycémies, une préoccupation légitime qui freine bien des élans.

Il est donc compréhensible que certaines personnes hésitent à être plus actives, même en connaissant les bénéfices. Au Canada, on estime qu’environ deux personnes sur trois vivant avec le DT1 n’atteignent pas les recommandations générales en matière d’activité physique (1).

Alors, si un entraînement formel est difficile à maintenir, est-ce que simplement marcher davantage, tout au long de la journée, pourrait déjà faire une différence ? Pour explorer cette question, nous avons utilisé les données de 383 adultes vivant avec le DT1 inscrits au registre BETTER qui ont accepté de mesurer leurs pas quotidiens pendant au minimum 9 jours au moyen d’un podomètre. Voici ce que nous avons observé:

Des bénéfices observés dès 7 000 pas par jour

  • Glycémie et hypoglycémies

Les personnes les plus actives, soit celles qui marchaient 7 000 pas ou plus par jour, atteignaient plus fréquemment la cible recommandée d’hémoglobine glyquée (≤ 7%). De manière générale, plus le nombre de pas augmentait, plus la proportion de personnes atteignant cette cible était élevée.

Contrairement à une crainte fréquente, un nombre de pas quotidien plus élevé n’était pas associé à une augmentation du nombre d’hypoglycémies. Nous n’avons pas observé davantage d’hypoglycémies légères ou modérées chez les personnes les plus actives, et le groupe le plus actif rapportait même moins d’hypoglycémies sévères comparativement au groupe le moins actif. Il faut néanmoins garder à l’esprit que les personnes faisant moins d’hypoglycémies ou étant moins sensibles aux hypoglycémies pourraient avoir tendance à réaliser plus de pas (cet enjeu de causalité inverse est abordé plus amplement dans l’article lié à ce projet; voir ci-après). 

Ces résultats suggèrent donc qu’un mouvement réparti tout au long de la journée peut être compatible avec une gestion glycémique sécuritaire.

  • Santé physique

Les personnes les plus actives présentaient un indice de masse corporelle plus bas et un tour de taille réduit, deux indicateurs importants pour la santé cardiovasculaire à long terme.

Cela indique que marcher davantage au quotidien est associé à un profil de facteurs de risque pour la santé cardiovasculaire plus favorable, même en l’absence d’un programme d’exercice structuré.

  • Santé mentale

Les participants réalisant plus de 10 000 pas par jour semblaient moins souvent recourir à des médicaments pour la dépression ou l’anxiété. Bien que ces résultats ne permettent pas d’établir un lien de causalité, ils suggèrent une association positive possible entre mouvement quotidien et bien-être psychologique.

Pourquoi c’est important

Ces associations ont été observées même après avoir pris en compte le revenu, le fait d’avoir des enfants à charge ou le lieu de résidence (urbain ou rural).

Sans fixer un objectif universel ni suggérer que la marche seule résout tous les défis liés au diabète de type 1, ces résultats indiquent qu’intégrer davantage de mouvement au quotidien, de manière progressive et adaptée à sa réalité, pourrait constituer un levier accessible pour soutenir à la fois la santé physique et le bien-être psychologique.

Références

  • Garré TI, Guédet CG, Alexandre-Heymann L, Messier V, Boudreau V, Tagougui S, Laforest C, Brazeau AS, Rabasa-Lhoret R, Yardley JE. Association between daily steps, diabetes management and health indicators in people living with type 1 diabetes: A cross-sectional study from the BETTER registry. Diabetes Obes Metab. 2026 Jan 20. doi: 10.1111/dom.70473. Epub ahead of print. PMID: 41555836.
  • Canada PHA of. Risk and protective factors — Diabetes in Canada: An interactive report on key statistics — Canada.ca [datasets;statistics;education and awareness]. 2025 [cited 2026 Mar 31]. Available from: https://health-infobase.canada.ca/diabetes/risk-and-protective-factors.html 

Écrit par : Thélo Garré, BSc

Révisé par :

  • Sarah Haag, infirmière clinicienne, B.Sc.
  • Cassandra Locatelli, PhD
  • Anne-Sophie Brazeau, DtP., PhD
  • Michel Dostie, Claude Laforest, Eve Poirier, Jacques Pelletier, Domitille Dervaux, François Rivest, patient.e.s partenaires

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