Les nouvelles technologies réduisent-elles les barrières à l’activité physique chez les personnes qui vivent avec le diabète de type 1 ?

L’activité physique est reconnue pour ses nombreux bénéfices pour les personnes vivant avec le diabète de type 1 (DT1) : amélioration des glycémies, de la santé cardiovasculaire, du bien-être et de la qualité de vie. Pourtant, la pratique régulière reste un défi pour beaucoup, en raison de barrières spécifiques au diabète et à son impact sur la vie quotidienne.

Parmi ces obstacles, une étude menée en 2008 révélait que la peur de l’hypoglycémie constituait la principale barrière à l’activité physique chez les personnes vivant avec le DT1. 

Depuis, les technologies ont beaucoup évolué avec l’arrivée des lecteurs de la glycémie en continu, des pompes à insuline et des systèmes d’administration automatisée de l’insuline (aussi appelés «pancréas artificiels»). Ces outils ont profondément transformé la gestion du diabète, permettant à de nombreuses personnes de réduire leur risque d’hypoglycémie et d’améliorer leur qualité de vie.

Mais ces avancées technologiques permettent-elles de réduire les barrières à l’activité physique pour les personnes vivant avec le DT1 ? La peur de l’hypoglycémie reste-elle un obstacle majeur ? Certaines personnes sont-elles confrontées à plus de défis que d’autres ?

Grâce aux données du registre BETTER, nous avons tenté de répondre à ces questions ! 

La peur de l’hypoglycémie reste la principale barrière à l’activité physique 

Nous avons utilisé les réponses de 1117 participant·e·s du registre BETTER, âgés de 14 ans et plus. Près de la moitié ont identifié la peur de l’hypoglycémie comme la principale barrière à la pratique d’activité physique. Les conditions météorologiques et l’horaire de travail complétaient le podium des obstacles les plus fréquemment rencontrés. Sans surprise, plus une personne rapporte percevoir des barrières, moins elle est généralement active physiquement. 

Les nouvelles technologies ne réduisent pas (encore) les barrières 

Contrairement à ce que l’on aurait pu penser, l’utilisation de technologies pour la gestion du diabète (lecteur de la glycémie en continu, pompe à insuline et pancréas artificiel) n’a pas permis de réduire les obstacles à l’activité physique. Les personnes qui y recourent étaient paradoxalement même plus nombreuses à rapporter être confrontées à des défis comme la peur des hypoglycémies ou la crainte que faire de l’exercice ne complique la gestion de leur glycémie et de leur insuline, comparées à celles qui n’utilisaient aucune de ces technologies. Pouvoir suivre les fluctuations glycémiques reliées à l’activité physique presque en temps réel est certainement utile et important, mais ne suffit pas à résoudre tous les problèmes, et pourrait même dans certains cas occasionner des inquiétudes supplémentaires.

Qui rencontre le plus de barrières ?

Nos analyses ont montré que certaines situations ou caractéristiques sont associées au fait d’éprouver davantage de difficultés à pratiquer de l’activité physique.

Les principaux facteurs mis en évidence sont :

  • Être une femme;
  • Avoir un revenu ou un niveau d’éducation plus faible;
  • Vivre avec un surpoids ou de l’obésité;
  • Prendre un traitement contre la dépression;
  • Avoir reçu son diagnostic de diabète récemment;
  • Faire face à plus de difficultés dans la gestion des glycémies.
  • Avoir subi un épisode d’hypoglycémie sévère récemment
  • Manquer de confiance dans sa capacité à gérer les hypoglycémies 

Certains facteurs étaient attendus, comme la survenue récente d’une hypoglycémie importante et marquante, et sont directement liés au défi que représente la gestion quotidienne du DT1. D’autres reflètent davantage le contexte de vie, comme le fait de bénéficier de moyens financiers limités. Le fait que les femmes vivant avec le DT1 rapportent être confrontées à plus de barrières à la pratique d’une activité physique confirme les observations réalisées dans le cadre d’autres études menées grâce aux données du registre BETTER. Ceci rappelle l’importance d’ajuster les conseils en fonction du sexe lorsque l’on souhaite encourager quelqu’un à entreprendre, reprendre ou poursuivre une activité physique.

Et maintenant ? 

Cette étude nous a permis de mieux comprendre les barrières à l’activité physique chez les personnes vivant avec un DT1 de nos jours. Elle montre que, malgré les avancées technologiques, certains obstacles propres au DT1, comme la peur des hypoglycémies ou la crainte de compliquer la gestion des glycémies, demeurent très présents. À ceci s’ajoutent les obstacles que peut rencontrer  la population générale dans son ensemble, comme de mauvaises conditions météorologiques,un horaire de travail contraignant, ou l’absence d’installations sportives accessibles. L’étude met également en évidence que certaines personnes sont plus à risque d’être confrontées à ces défis.

Les prochaines recherches viseront donc à identifier ce qui peut concrètement permettre de réduire ces barrières. À terme, l’objectif est clair : encourager et soutenir les personnes vivant avec le DT1 afin de les aider à pratiquer l’activité physique de leur choix, pour mener une vie la plus normale possible, pour leur santé physique… et mentale ! 

Référence:

  • Guédet, C et al. “Exploring perceived barriers to physical activity among individuals with type 1 diabetes in the era of new technologies: An analysis from the BETTER registry.” Diabetes & metabolism vol. 51,5 (2025): 101677. doi:10.1016/j.diabet.2025.101677
  • Prévost, Melinda S et al. “Gender Differences in Strategies to Prevent Physical Activity-Related Hypoglycemia in Patients With Type 1 Diabetes: A BETTER Study.” Diabetes care vol. 45,3 (2022): e51-e53. doi:10.2337/dc21-1899
  • Talbo, Meryem K et al. “Gender differences in reported frequency and consequences of hypoglycemia among adults living with type 1 diabetes: Results from the BETTER registry.” Diabetes research and clinical practice vol. 202 (2023): 110822. doi:10.1016/j.diabres.2023.110822

Écrit par : Capucine Guédet, étudiante au doctorat en sciences de l’activité physique, Université de Montréal et Université de Lille (France)

Révisé par :

  • Sarah Haag, infirmière clinicienne, B.Sc. 
  • Rémi Rabasa-Lhoret, MD, PhD
  • Jacques Pelletier, Claude Laforest, Aude Bandini, Michel Dostie, patients partenaires

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