Régimes yo-yo et diabète de type 1 : quel impact sur les reins?

Les points clés à retenir :

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Une étude récente a analysé les données sur le poids de 1 432 personnes vivant avec le diabète de type 1, suivies pendant une période pouvant aller jusqu’à 25 ans, afin de déterminer si les variations de poids étaient associées aux maladies rénales.

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Le groupe présentant les plus grandes fluctuations de poids comptait davantage de femmes, était plus jeune et affichait en moyenne un taux d’HbA1c plus élevé et un indice de masse corporelle plus faible.

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Les personnes dont le poids variait davantage au fil du temps présentaient un risque plus élevé de développer une maladie rénale de stade avancé.

 

L’alimentation occupe une place importante dans la vie quotidienne et peut être particulièrement complexe lorsqu’on vit avec le diabète de type 1 (DT1). Comme ce que l’on mange influence directement la glycémie, les préoccupations liées à l’alimentation et au poids peuvent prendre une place importante. Les troubles alimentaires sont d’ailleurs plus fréquents chez les personnes vivant avec le DT1.

L’effet yo-yo, aussi appelé régime yo-yo, désigne le fait de perdre puis de reprendre régulièrement du poids, souvent à la suite de régimes répétitifs et difficiles à maintenir à long terme. Chez les personnes qui ne vivent pas avec le diabète, l’effet yo-yo pourrait augmenter le risque de diabète de type 2. Une étude antérieure menée auprès de personnes vivant avec le DT1 avait également montré que les maladies cardiaques étaient plus fréquentes chez celles dont le poids variait davantage au fil du temps. Les chercheurs ont donc voulu déterminer s’il pouvait également y avoir un lien entre les variations de poids et les maladies rénales.

La maladie rénale est une complication du DT1

Une glycémie élevée de façon prolongée peut contribuer au développement de complications liées au diabète, notamment la maladie rénale, aussi appelée néphropathie.

Dans le registre BETTER, plus de 10 % des participant·e·s ont déclaré avoir reçu un diagnostic de néphropathie.

Les reins jouent un rôle essentiel : ils filtrent les déchets présents dans le sang et contribuent à maintenir un équilibre adéquat de l’eau et des minéraux dans l’organisme. Lorsque leur fonctionnement est altéré, certaines substances peuvent être retrouvées en quantité anormale dans le sang ou dans l’urine. Par exemple, la présence accrue d’albumine dans l’urine ou l’augmentation du taux de créatinine dans le sang peuvent être des signes d’une atteinte rénale. C’est pourquoi les professionnel·le·s de la santé surveillent régulièrement ces paramètres chez les personnes vivant avec le DT1.

Quel est l’impact des régimes « yo-yo » sur les maladies rénales chez les personnes vivant avec le DT1?

Cette étude s’est appuyée sur les données de l’essai DCCT/EDIC, une étude majeure sur le DT1 qui avait montré qu’une gestion intensive de la glycémie pouvait réduire le risque de complications à long terme.

Les chercheurs ont analysé les données de 1 432 participant·e·s, avec des mesures du poids et de la fonction rénale recueillies sur une période de suivi moyenne de 21 ans.

Pour commencer, les participant·e·s ont été réparti·e·s en trois groupes selon l’importance des changements de leur poids sur une période moyenne de six ans. Les personnes dont le poids variait le plus étaient plus souvent des femmes et étaient plus jeunes. Elles avaient également, en moyenne, un indice de masse corporelle plus faible et un taux d’HbA1c plus élevé au début de l’étude.

Davantage de problèmes rénaux lorsque le poids varie beaucoup

Même après avoir tenu compte d’autres facteurs pouvant influencer la santé des reins, les personnes dont le poids variait le plus présentaient davantage de signes d’une moins bonne fonction rénale.

Les grandes variations de poids étaient notamment associées à une diminution de la capacité des reins à filtrer le sang, à un risque deux fois plus élevé de voir le taux de créatinine doubler et à un risque accru de développer une maladie rénale de stade 3.

Au total, 7 % des participant·e·s, soit 102 personnes, ont connu un déclin rapide de leur fonction rénale. Ces personnes étaient plus susceptibles d’avoir présenté d’importantes variations de poids au fil du temps.

Miser sur la stabilité

Il est important de rappeler que certaines variations de poids sont normales et peuvent être liées à différentes situations, comme une grossesse, une maladie ou la prise de certains médicaments. Elles ne devraient pas être considérées comme un échec.

L’étude n’a pas cherché à déterminer pourquoi les participant·e·s avaient perdu ou pris du poids, ni comment ces changements étaient survenus. Les chercheurs ont toutefois tenu compte de la grossesse dans une analyse supplémentaire et ont obtenu des résultats très similaires.

Les résultats montrent donc une association entre des variations importantes du poids au fil du temps et un risque accru de problèmes rénaux chez les personnes vivant avec le DT1. Ils ne permettent pas de conclure que les fluctuations de poids sont directement responsables de ces problèmes.

L’effet yo-yo peut notamment être lié à une relation difficile avec l’alimentation ou l’image corporelle. Plutôt que de viser des changements de poids rapides ou difficiles à maintenir, une alimentation durable, qui tient compte de votre mode de vie, de vos préférences et de votre réalité avec le DT1, peut être une approche plus favorable à long terme.

Les troubles alimentaires, quant à eux, sont des problèmes de santé sérieux qui nécessitent une prise en charge adaptée avec l’aide de professionnel·le·s de la santé spécialisé·e·s.

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Écrit par : Cassandra Locatelli, PhD 

Révisé par :

  • Anne-Sophie Brazeau, DtP., PhD
  • Johnny Chmiel, Anna Theroux, Pamela Dawe, Darrin Davis, patient·e·s partenaires

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