Le diabète de type 1 (DT1) est causé par la perte des cellules du pancréas qui produisent l’insuline. Pour contrer ce manque, les personnes qui vivent avec le DT1 doivent s’administrer de l’insuline pour réduire les pics de glycémie (p. ex., après les repas). Une grande partie de la gestion du DT1 consiste à réduire la glycémie, mais il faut aussi éviter de tomber en hypoglycémie (c.-à-d., trop la réduire).
La gestion des degrés d’hypoglycémie
Les hypoglycémies sont l’un des aspects du DT1 les plus difficiles et les plus lourds à gérer. Leurs impacts sont physiques (p. ex., malaises, fatigue), psychologiques (p. ex., peur de l’hypoglycémie) et sociaux (p. ex., restrictions liées au travail ou à la conduite). Les épisodes hypoglycémiques peuvent aussi bien être légers et se traiter avec la prise de glucides par voie orale (p. ex., comprimés de glucose, jus) qu’être sévères et nécessiter l’aide d’une autre personne pour ramener la glycémie à un niveau sûr. Il faut également tenir compte du contexte : une même valeur de 3,5 mmol/L se vit très différemment à la maison par rapport à pendant la nage ou l’escalade.
Le glucagon sauve des vies
Le glucagon est l’autre principale hormone de régulation de la glycémie; il agit à l’inverse de l’insuline et augmente la glycémie, mais il est ineffectif chez les personnes qui vivent avec le DT1. Très dangereux et même potentiellement mortels, les épisodes d’hypoglycémie sévère doivent être pris en charge immédiatement. S’il est impossible de donner du sucre par voie orale, par exemple, si la personne est inconsciente ou incapable d’avaler, il faut administrer du glucagon synthétique pour faire remonter la glycémie. Traditionnellement, l’administration se faisait par injection, mais ces dernières années, l’administration par voie nasale est devenue la méthode la plus employée au Canada.
L’administration automatique du glucagon pourrait alléger les préoccupations liées aux hypoglycémies sévères et améliorer la qualité de vie d’un grand nombre de personnes qui vivent avec le DT1, ainsi que de leur famille.
Une administration améliorée du glucagon?
Un nouvel appareil qui s’implante sous la peau pour l’administration automatique du glucagon a fait l’objet d’une étude récente. Assez petit (3-5 cm3), l’appareil peut stocker une ou plusieurs doses de 1,2 mg de glucagon en poudre à longue durée qui, en cas d’urgence, peuvent être activées à distance. De 10 à 25 secondes après l’activation, une petite plaquette de métal se chauffe et courbe pour libérer la dose.
Les hypoglycémies évitées chez les souris
Chez les souris, l’activation de la dose a fait augmenter la glycémie en moins de cinq minutes, et l’a maintenue élevée pour une vingtaine de minutes. Toujours chez les souris, après l’administration d’une dose d’insuline, l’activation du glucagon a permis d’éviter l’hypoglycémie (3,9 mmol/L), tandis que celles dont l’appareil ne contenait aucun glucagon ont vu leur glycémie descendre jusqu’à 2,8 mmol/L (hypoglycémie sévère).
Les tests menés sur des rats ont également démontré que la libération du glucagon s’effectue sans problème en dépit de leur tissu cicatriciel fibreux. Pour les personnes qui vivent avec le DT1, il est important que l’appareil ne compromette pas la santé des tissus sous-cutanés (c.-à.-d., sous la peau), puisque ceux-ci sont essentiels pour l’absorption de l’insuline et l’exactitude des systèmes de surveillance du glucose en continu (SGC).
L’administration automatique du glucagon
L’appareil est activé à distance grâce à une antenne, et il peut également être programmé pour s’activer en réponse aux données du SGC et libérer du glucagon en situation d’hypoglycémie sévère potentiellement mortelle ou d’incapacité à l’activer manuellement (p. ex., perte de connaissance).
Les prochaines étapes
Les résultats des études menées avec des souris sont très prometteurs; par contre, il sera nécessaire de tester l’appareil sur des animaux de plus grande taille et, éventuellement, sur des humains pour en assurer la sûreté et l’efficacité. De prochains tests vérifieront que les doses sont adéquates et sûres et évalueront la longévité de l’appareil. L’utilisation conjointe avec un SGC devra également être testée rigoureusement étant donné que les résultats des SGC ne sont pas entièrement exacts, et que la libération du glucagon lorsque la glycémie est normale ou déjà élevée donnerait lieu à d’importantes hyperglycémies. Enfin, il faudra également déterminer les bienfaits de l’administration répétée de petites doses de glucagon par rapport aux effets secondaires.
Comment éviter les hypoglycémies sévères
Pour réduire le risque d’hypoglycémie, surtout sévère, voici quelques outils qui ont fait leurs preuves.
- Systèmes de surveillance continue du glucose avec alarmes. Les alarmes prédictives, qui avertissent de la descente imminente de la glycémie sous les 3,0 mmol/L, sont particulièrement essentielles.
- Systèmes d’administration automatique de l’insuline (aussi appelés pancréas artificiels ou systèmes à boucle fermée). Ces systèmes ont continuellement démontré qu’ils pouvaient réduire le risque d’hypoglycémie. Il est prévu que les modèles en cours de développement administrent de l’insuline et du glucagon.
- Glucagon facile à administrer. Au Canada, on peut se procurer du glucagon nasal, et à l’étranger, des stylos contenant une mini dose de glucagon.
Hélas, le fardeau que représentent les hypoglycémies est souvent sous-estimé, même par des équipes de soins. La réduction des risques d’hypoglycémie demeure une grande priorité pour les personnes qui vivent avec le DT1 et leur famille.
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Reference:
Krishnan SR, O’Keeffe L, Rudra A, Gumustop D, Khatib N, Liu C, Yang J, Wang A, Bochenek MA, Lu YC, Bose S, Reed K, Langer R, Anderson DG. Emergency delivery of particulate drugs by active ejection using in vivo wireless devices. Nat Biomed Eng. 2025 Jul 9. doi: 10.1038/s41551-025-01436-2. Epub ahead of print. PMID: 40634646.
Écrit par : Cassandra Locatelli, PhD
Révisé par :
- Sarah Haag, infirmière clinicienne, B.Sc.
- Rémi Rabasa-Lhoret, MD, PhD
- Anne-Sophie Brazeau, DtP, PhD
Darrin Davis, patient partenaire
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