La fausse représentation du diabète de type 1 dans les médias

En général, lorsque les gens pensent au diabète, ils imaginent des personnes en surpoids qui devraient limiter leur consommation de sucre. Cependant, ces individus ne réalisent pas que la réalité des personnes vivant avec le diabète de type 1 (DT1) est souvent bien différente. Ces idées reçues peuvent provenir de la fausse représentation des personnes vivant avec le DT1 dans les médias, tels que la télévision, le cinéma et les réseaux sociaux [1].

Plusieurs personnes ne connaissent pas les différences entre le diabète de type 1 et de type 2, leurs complications et leurs traitements respectifs. Certains stéréotypes se sont donc formés et ont été promus dans les médias. À long terme, cela peut avoir des effets néfastes pour les personnes vivant avec le DT1

Productions

Voici quelques productions médiatiques ayant faussement représenté le DT1:

  • Un épisode de la saison 8 de Big Bang Theory
  • Un épisode de la 6e saison de The Walking Dead
  • Un épisode de Hannah Montana
  • Big nothing
  • Do No Harm
  • Con Air 
  • Hansel and Gretel: Witch Hunters

La plupart de ces productions ont recours à la stigmatisation et exagèrent les symptômes et les traitements, ce qui peut nuire à la compréhension du DT1 pour les spectateurs [2].  Dans Hansel and Gretel : Witch Hunters, le diabète est appelé «the sugar sickness» (maladie du sucre), et dans Hannah Montana, un personnage atteint de DT1 est appelé «sugar boy» (garçon sucré). De plus, lorsqu’un personnage est atteint du DT1 dans une série télévisée, les épisodes ultérieurs ne tiennent souvent plus compte de ce diagnostic. Ceci donne l’impression que la maladie peut guérir d’elle-même ou qu’elle nécessite un traitement plus léger avec le temps, ce qui est impossible pour les personnes vivant avec le DT1. La désinformation présentée dans les médias peut conduire à la création de stéréotypes et de préjugés à l’égard des personnes vivant avec le DT1.

Conséquences négatives

Les conséquences négatives créées par la stigmatisation peuvent s’étendre à de nombreux domaines de la vie, notamment [4] :

  • Les relations personnelles 
  • L’identité sociale
  • Le bien-être émotionnel 
  • Les comportements liés à de la gestion du DT1

Des chercheurs australiens ont rapporté que la stigmatisation pouvait créer ou augmenter la gêne de certains individus de révéler leur DT1 à leur entourage, ce qui peut être dangereux [4]. Par exemple, un enfant pourrait choisir de ne pas tester sa glycémie à l’école pour ne pas avoir à parler de son état à ses camarades de classe ou un adulte pourrait sauter sa dose d’insuline du dîner pour ne pas avoir à divulguer son DT1 à ses collègues.

Effets sur la santé publique

L’état de la santé publique dépend de la transmission précise des informations sur les maladies. Avec l’accès instantané aux médias, les créateurs de contenu ont la responsabilité de s’assurer que leurs histoires contiennent des informations exactes [5]. Avec la publication d’informations inexactes sur le DT1 pendant la pandémie mondiale COVID-19, la déformation des faits dans les médias est devenue un problème de santé publique. La majorité des études publiées sur la COVID-19 et le diabète n’ont pas fait de distinction entre les types de diabète. Ceci est problématique, car les différentes formes de diabète ont des effets et des causes distinctes. En fait, un rapport publié en France a montré que, sur 1 300 patients diabétiques hospitalisés en raison de la COVID-19, seuls 3 % présentaient un DT1 [6]. Cela signifie que les personnes atteintes de DT1 sont en fait sous-représentées dans le nombre de patients diabétiques hospitalisés.

Les informations présentées par les médias permettent aux individus de limiter et d’influencer les comportements, ce qui est primordial pour un changement social plus large [5]. En tant que communauté, nous devons être proactifs et faire entendre notre voix en ce qui concerne les représentations négatives ou fausses par rapport aux aspects de la santé publique dans les médias. En envoyant des lettres ou des courriels, en contactant les créateurs de contenu ou en parlant aux responsables gouvernementaux, nous devons exiger des informations médicales précises présentées dans les médias.

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Références

  1. Rock, Melanie. “Diabetes portrayals in North American print media: a qualitative and quantitative analysis.” American journal of public health vol. 95,10 (2005): 1832-8. doi:10.2105/AJPH.2004.049866
  2. Liu, Nancy F et al. “Stigma in People with Type 1 or Type 2 Diabetes.” Clinical diabetes: a publication of the American Diabetes Association vol. 35,1 (2017): 27-34. doi:10.2337/cd16-0020
  3. Douchinsky, Alain Whitman. “Germs: Friend or Foe? How Media Influences Our Perceptions of Disease.” Montana State University, 2017.
  4. Browne, Jessica L et al. “’I’m not a druggie, I’m just a diabetic’: a qualitative study of stigma from the perspective of adults with type 1 diabetes.” BMJ openvol. 4,7  e005625. 23 Jul. 2014, doi:10.1136/bmjopen-2014-005625
  5. Happer, Catherine, & Greg Philo. « The Role of the Media in the Construction of Public Belief and Social Change. » Journal of Social and Political Psychology [Online], 1.1 (2013): 321-336. Web. 31 Oct. 2019
  6. Cariou, B., Hadjadj, S., Wargny, M. et al. (2020). Phenotypic Characteristics and Prognosis of Inpatients with COVID-19 and Diabetes: The CORONADO Study. Diabetologia, doi: 10.1007/s00125-020-05180-x