« Combien de minutes par jour? » : lever le voile sur la charge mentale du diabète

La gestion du diabète de type 1 (DT1) est une tâche interminable qui demande une attention constante, chaque jour. Les nouvelles technologies, d’une part, aident à améliorer la glycémie et à alléger le fardeau du DT1, mais, d’autre part, elles peuvent aussi nous rendre plus conscients de notre glycémie et nous amener à y penser plus fréquemment.

Dans le cadre d’une étude, on a posé une question bien simple à des personnes qui vivent avec le diabète : « Combien de temps passez-vous chaque jour à penser au diabète? ». Les chercheurs se sont basés sur les réponses pour voir si la charge mentale liée au diabète pouvait varier selon le type de diabète (1 ou 2), le sexe, l’état de santé mentale et l’utilisation des technologies.  

Plus d’une heure par jour à penser au diabète

L’étude a été menée sur un groupe de 503 adultes d’origine allemande; 75 % d’entre eux vivaient avec le DT1. On leur a demandé d’estimer spontanément combien de minutes ils pensaient au diabète chaque jour; les chercheurs ont appelé ce facteur la charge mentale perçue. Celle-ci variait beaucoup d’un participant à l’autre, mais en moyenne, elle atteignait 77,1 minutes, soit 1 h 27 min, par jour.   

Plus élevée chez les femmes

Selon les réponses des femmes, il a été estimé qu’elles passent beaucoup plus de temps que les hommes à penser au diabète, soit environ 21 minutes de plus par jour. Parallèlement, les personnes qui vivent avec le DT1 perçoivent une plus grande charge mentale que celles qui vivent avec le diabète de type 2 (DT2).

La technologie augmente la charge mentale perçue

Les personnes qui utilisent un système de surveillance de la glycémie en continu (SGC) perçoivent une plus grande charge mentale que celles qui n’en utilisent pas. De la même façon, les personnes qui vivent avec le DT1 ou le DT2 et qui s’administrent de l’insuline perçoivent une plus grande charge mentale que les personnes avec le DT2 qui ne prennent pas d’insuline. Ce sont les personnes qui utilisent des outils technologiques tels que la pompe à insuline (à administration automatisée ou manuelle) qui ont déclaré le plus grand nombre de minutes passées chaque jour à penser au diabète (27 minutes de plus) par rapport aux personnes qui prennent de multiples injections quotidiennes (9 minutes de plus que les personnes qui ne prennent pas d’insuline).  

Les problèmes de santé mentale aggravent-ils la charge mentale?

Les personnes qui ont des problèmes de santé mentale ont également rapporté une plus grande charge mentale (7 minutes de plus). Étonnamment, les affections physiques et, plus précisément, les complications chroniques liées au diabète (p. ex., rétinopathie, maladie cardiaque, néphropathie) ne semblent pas avoir d’impact sur ce résultat.   

Il est important de souligner que le temps passé à penser au diabète ne désigne pas forcément des épisodes de détresse liée au diabète. Les outils technologiques ont déjà démontré qu’ils peuvent améliorer la satisfaction liée au traitement chez beaucoup de personnes qui vivent avec le DT1. Dans une mesure qui varie beaucoup d’une personne à l’autre, les pensées qui surgissent durant ces moments tournent davantage autour de l’autogestion qu’autour de la peur de l’hypoglycémie ou de la détresse psychologique.

Charge mentale et gestion des soins

Bien que la portée de cette étude, basée sur une seule question, soit relativement modeste, elle met au jour le temps et l’espace mental que les personnes qui vivent avec le diabète doivent consacrer chaque jour à la compréhension et à la gestion de leur maladie. La prochaine étape : mieux comprendre la nature négative, positive ou neutre de ces réflexions, et l’impact qu’elles peuvent avoir sur les personnes concernées. Lorsqu’ils établissent des objectifs de gestion du diabète ou qu’ils encouragent leurs patients à utiliser les nouvelles technologies, les prestataires de soins de santé doivent porter une attention particulière aux enjeux de santé mentale et au possible trop-plein d’informations que suscitent leurs interventions afin de veiller au bien-être général des personnes qui vivent avec le DT1.

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Référence: 

  • Priesterroth LS, Hermanns N, Kulzer B, Haak T, Ehrmann D. Counting the Minutes: Perceived Diabetes Mental Load and Its Associations With Technology Use and Mental Disorders. J Diabetes Sci Technol. 2025 May;19(3):830-835. doi: 10.1177/19322968231214271. Epub 2023 Nov 19. PMID: 37981751; PMCID: PMC12034985.

 

Écrit par : Cassandra Locatelli B.Sc.

 

Révisé par :

  • Rémi Rabasa-Lhoret, MD, PhD
  • Roberta Ferrence, Pamela Dawe, patients partenaires

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