Marche, cardio et musculation avec le diabète de type 1 : moins d’hyperglycémies, mais plus d’hypoglycémies.

Les points clés à retenir :

1

Plus de 400 000 séances d’activité physique réalisées par des personnes vivant avec le diabète de type 1 ont été analysées en parallèle de données de lecteurs de la glycémie en continu afin de mieux comprendre les effets de différents types d’exercice sur la glycémie.

2

La marche, le cardio et la musculation ont tous fait baisser la glycémie au cours de la première heure d’activité et ont augmenté le risque d’hypoglycémie, particulièrement pendant la nuit.

3

Au cours des 24 heures suivant l’exercice, tous les types d’activité ont augmenté le temps passé dans la cible et réduit le temps passé au-dessus de celle-ci, mais la musculation a obtenu de légèrement meilleurs résultats.

L’activité physique procure de nombreux bienfaits pour la santé physique et mentale. Toutefois, concilier la gestion de la glycémie avec la prévention des hyperglycémies et des hypoglycémies peut constituer un obstacle à la pratique d’une activité physique. Lorsqu’on vit avec le diabète de type 1 (DT1), l’exercice peut notamment aider à faire baisser une glycémie modérément élevée. Cependant, l’intensité et le type d’activité physique peuvent influencer les variations de la glycémie.

L’activité physique à l’ère des technologies pour la gestion du diabète

Les technologies dédiées au diabète visent à simplifier la gestion de la glycémie, mais elles sont imparfaites et nécessitent une bonne compréhension de leur fonctionnement ainsi qu’une certaine supervision de la part des personnes qui les utilisent. Les lecteurs de la glycémie en continu sont aujourd’hui très répandus et constituent un moyen assez précis de mesurer la glycémie. Les pompes à insuline et les systèmes d’administration automatisée de l’insuline (aussi appelés « pancréas artificiel ») permettent d’automatiser une partie de l’administration d’insuline et proposent même des paramètres adaptés à l’activité physique. Cependant, les données du registre BETTER montrent que l’utilisation des nouvelles technologies liées au diabète ne supprime pas les obstacles à l’activité physique.

Parallèlement, les appareils et les applications permettant de suivre l’activité physique et les différents indicateurs de santé gagnent en popularité. Mettre en relation les données d’entraînement et les valeurs de glycémie pourrait permettre de mieux comprendre ses propres réactions à l’exercice. Avez-vous déjà essayé?

Suivi de l’activité physique et lecteurs de la glycémie en continu : quels sont les effets des différents exercices ?

Une nouvelle étude a analysé les données de glycémie recueillies pendant 428 058 séances d’activité physique réalisées par 3 248 personnes vivant avec le DT1, afin de mieux comprendre les réactions de la glycémie face aux différents types d’activité physique. Les données ont été recueillies sur une période de 10 ans dans 68 pays à partir des séances d’entraînement enregistrées dans des applications de suivi (p.ex. MySugr, Apple santé) et des mesures de la glycémie en continu. Les séances d’entraînement ont été classées en trois catégories : la marche, l’activité aérobie (ou « cardio » ; par exemple, le vélo, la course à pied, la randonnée, l’escalade) ou l’activité anaérobie (ou « musculation » ; par exemple, l’haltérophilie, la gymnastique, le renforcement musculaire).

Le cardio fait rapidement baisser la glycémie

Pour être prises en compte, les séances devaient durer au moins 15 minutes. La durée moyenne de l’activité était de 45 minutes. Les séances de musculation et de vélo duraient généralement plus longtemps que celles de marche et de course à pied. Du début à la fin de l’exercice, la glycémie a diminué, quel que soit le type d’activité. La baisse était toutefois plus importante après une séance de cardio ou de marche (1,2 mmol/L en moyenne) qu’avec la musculation (0,6 mmol/L en moyenne).

L’exercice physique comporte un certain risque d’hypoglycémie

Le risque d’épisodes hypoglycémiques (niveau inférieur à 3,9 mmol/L pendant 15 minutes ou plus) était également plus élevé après l’exercice. Le cardio augmentait le risque global d’hypoglycémie au cours des 24 heures suivant l’activité. De plus, le cardio et la musculation étaient tous deux associés à un risque accru d’hypoglycémie nocturne.

Tous les types d’exercice améliorent le temps dans la cible

Les effets de l’activité physique ne se limitent toutefois pas au risque d’hypoglycémie. Comparativement aux 24 heures suivant une journée sédentaire, les trois types d’exercice ont augmenté le temps passé dans la cible glycémique (3,9–10 mmol/L) au cours des 24 heures suivant l’activité. La marche a augmenté ce temps de 2 %, le cardio de 2,9 % et la musculation de 3,9 %. Le temps passé au-dessus de la cible (> 10 mmol/L) a également diminué pour les trois types d’activité. La rééducation la plus importante à été observée avec la musculation (-4,6 %). En contrepartie, le temps passé en dessous de la cible (< 3,9 mmol/L) a légèrement augmenté avec tous les types d’exercice. Cette hausse était plus marquée après le cardio (+0,74 %).

Chaque personne réagit différemment à l’exercice

Cette étude montre que toutes les formes d’activité physique peuvent avoir des effets bénéfiques sur la glycémie. Même la marche peut contribuer à augmenter de façon significative le temps passé dans la cible.

Malgré l’ampleur des données analysées, l’étude ne permet pas de comprendre tous les facteurs susceptibles d’influencer les résultats. Elle ne précise notamment pas les ajustements apportés à l’insuline et à l’alimentation, le moment de la journée où les différents types d’exercice sont pratiqués ni le niveau d’expérience des personnes participantes en matière d’activité physique et de gestion du DT1.

Il est également important de rappeler que les résultats présentent des tendances moyennes, alors que la réponse à l’exercice varie d’une personne à l’autre. L’activité physique peut notamment augmenter la charge mentale en multipliant les décisions à prendre ou en accentuant la peur des hypoglycémies. Il faut parfois du temps pour reconnaître ses propres tendances, observer les réactions de sa glycémie et apporter les ajustements nécessaires. Il est donc important de faire preuve de patience envers soi-même lorsqu’on apprend à intégrer de nouvelles activités à son quotidien.

Vous souhaitez contribuer à la recherche en partageant votre expérience? Inscrivez-vous au registre BETTER!

Référence: Zivkovic J, Mitter M, Theodorou D, Moser O, Glatzer T. Exercise in type 1 diabetes: real-world data on glucose levels and hypoglycaemia risk from over 420,000 exercise sessions. Diabetologia. 2026 Jun;69(6):1457-1467. doi: 10.1007/s00125-026-06672-y. Epub 2026 Feb 13. PMID: 41686193; PMCID: PMC13109116.

Écrit par : Cassandra Locatelli, PhD 

Révisé par :

  • Rémi Rabasa-Lhoret, MD, PhD
  • Anna Theroux, Pamela Dawe, patient·e·s partenaires

Discover more from BETTER

Subscribe now to keep reading and get access to the full archive.

Continue reading