Si vous vivez avec le diabète de type 1 (DT1), ou avez un enfant qui vit avec cette condition, vous savez que la glycémie (taux de sucre dans le sang) peut fluctuer fortement après les repas. C’est principalement la quantité de glucides (p. ex. les sucres) consommés qui fait varier le taux de sucre, bien qu’il existe une multitude de facteurs pouvant provoquer une hypoglycémie ou une hyperglycémie.
Devant la difficulté de gérer l’effet des repas sur leur glycémie, plusieurs personnes vivant avec le DT1 se tournent vers une alimentation à faible teneur en glucides.
Mais quel est l’effet d’un tel mode d’alimentation sur l’hémoglobine glyquée (ou taux HbA1c, soit la glycémie moyenne sur trois mois), le risque d’hypoglycémie et la santé cardiovasculaire? Actuellement, il n’y a pas de réponse claire à cette question en raison du nombre limité de participants vivant avec le DT1 dans les études scientifiques portant sur le sujet.
Des chercheurs du projet BETTER ont donc voulu en savoir plus en analysant les données d’apports alimentaires rapportées dans le registre BETTER entre 2019 et 2021 par 285 adultes vivant avec le DT1 ou le diabète LADA au Québec*.
Qu’est-ce qu’une alimentation faible en glucides?
Bien qu’il n’existe pas de définition officiellement reconnue, la littérature indique qu’un régime faible en glucides se caractérise par la consommation de moins de 150 g de glucides par jour, ce qui équivaut à 30 % de l’apport énergétique total quotidien.
En général, Santé Canada et Diabète Canada recommandent que 45 à 60 % de l’apport énergétique total des repas proviennent des glucides (p. ex. pain, pâtes, riz, fruits). Pour une personne consommant 2000 calories par jour, cela correspond à environ 225 à 300 g de glucides.
Diminuer l’apport en glucides se traduirait par une meilleure hémoglobine glyquée
En analysant les différentes données du registre BETTER (c.-à-d. journal alimentaire de 24 heures, circonférence de taille, épisodes d’hypoglycémie, hémoglobine glyquée, niveaux de cholestérol), l’équipe de recherche a conclu qu’une consommation plus faible en glucides (soit 31 % de l’apport énergétique total quotidien ou environ 167 g / jour en moyenne, adoptée par le quart des participants de l’étude) est associée à une plus forte probabilité d’atteindre la cible d’hémoglobine glyquée de 7,0 % ou moins. Cette valeur est recommandée à la plupart des gens vivant avec le DT1, afin de réduire le risque des diverses complications liées au diabète (p. ex. atteintes aux yeux, aux reins). Elle correspond à une glycémie dans la cible (entre 3,9 et 10 mmol/L) la majorité du temps.
Rappelez-vous que la gestion de la glycémie reste un défi pour la majorité des personnes vivant avec le DT1. Selon nos dernières données, environ 70 % des participants au registre BETTER n’avaient pas l’hémoglobine glyquée recommandée de 7,0 % ou moins lors de leur dernier rendez-vous médical.
Aucun effet à court terme sur les hypoglycémies ou les facteurs de risques cardiovasculaires
Bien qu’une alimentation réduite en glucides puisse, en théorie, entraîner un risque accru d’hypoglycémies (car les glucides font monter la glycémie), les chercheurs de BETTER n’ont pas noté davantage de tels épisodes chez les participants de l’étude.
De même, bien qu’une partie des glucides coupés de l’alimentation soit remplacée par des gras, les participants n’avaient pas de niveaux plus élevés de mauvais cholestérol (LDL) dans le sang, un marqueur de risque de maladies cardiovasculaires. Toutefois, cette dernière observation est à prendre avec un grain de sel, et devra être validée par d’autres projets de recherche, puisque plusieurs participants de l’étude suivaient un traitement pour contrôler leur cholestérol (statines).
Que retenir de cette étude?
Les résultats suggèrent que les régimes faibles en glucides sont liés à un meilleur contrôle de la glycémie chez les personnes vivant avec le DT1 ou le diabète LADA, sans augmenter nécessairement le risque d’hypoglycémies sévères ni de facteurs susceptibles de favoriser les maladies cardiovasculaires, et ce, à court terme.
D’autres études sont toutefois nécessaires pour confirmer ces observations et évaluer sur une plus longue période les effets d’une alimentation faible en glucides sur la santé cardiovasculaire et l’apport en différents nutriments.
*caractéristiques des participants : 63 % sont des femmes, l’âge moyen est de 48 ans, font en moyenne du diabète depuis 26 ans, 40 % utilisent une pompe, plus de 72 % ont un lecteur de la glycémie en continu, 94 % sont d’origine caucasienne, 9,5 % vivent avec le diabète LADA.
Référence :
- Nguyen, É. et al. (2024). Association between low-carbohydrate-diet score, glycemia and cardiovascular risk factors in adults with type 1 diabetes. Nutrition, Metabolism and Cardiovascular Diseases. https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0939475324001649?ref=pdf_download&fr=RR-2&rr=884c5483fe137133
Écrit par : Nathalie Kinnard, rédactrice scientifique et assistante de recherche
Révisé par :
- Rémi Rabasa-Lhoret, M.D., Ph. D.
- Anne-Sophie Brazeau, Dt.P., Ph. D.
- Claude Laforest, Michel Dostie, Eve Poirier, Domitille Dervaux et Marie-Christine Payette, patients partenaires du projet BETTER
Révision linguistique par : Marie-Christine Payette
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