Sur les réseaux sociaux, vous avez peut-être vu des personnes faire la promotion de montres connectées (p. ex. The Suga Pro de Wolf Notch, Chronovibe diabeto ultra) qui mesurent la glycémie en continu sans filament inséré sous la peau, grâce à un capteur qui émet de la lumière infrarouge à travers la peau.
Santé Canada met en garde toutes les personnes vivant avec le diabète, ainsi que leur famille puisque la sécurité et l’efficacité de ces montres n’ont pas été évaluées scientifiquement, et ces dispositifs peuvent poser de sérieux dangers pour la santé. Actuellement, Santé Canada n’a homologué aucune montre connectée permettant de mesurer la glycémie à travers la peau.
Les lecteurs de la glycémie en continu autorisés (dotés d’un capteur sous-cutané et d’un émetteur placé sur la peau) peuvent en revanche être utilisés de concert avec une montre ou un téléphone intelligent pour afficher les résultats de la glycémie.
Des montres plutôt « déconnectées »
Les sites Web des fabricants de ces montres vantent leur côté non invasif, indolore (sans piqûre et insertion sous la peau) et pratique (p. ex. plus besoin de lancettes, discrétion, confort), suggérant même de manière trompeuse qu’elles pourraient remplacer les lecteurs de la glycémie en continu (Dexcom, Freestyle ou Guardian) et les glucomètres.
Sachez pourtant que ces montres peuvent manquer de précision et donner de fausses valeurs de glycémie, en particulier lorsque celle-ci varie rapidement. De plus, la plupart n’émettent pas d’alarme pour avertir en cas d’hypoglycémie imminente.
Plusieurs personnes vivant avec le diabète de type 1 (DT1) ont testé ces montres en comparant leur efficacité à celle des lecteurs de la glycémie en continu et de la méthode capillaire (au bout du doigt). Selon leurs observations (qui ne sont pas scientifiques), les glycémies mesurées par ces montres sont souvent très différentes de celles mesurées à l’aide des deux autres technologies approuvées de surveillance de la glycémie.
Ainsi, si vous prenez des décisions thérapeutiques (p. ex. ajuster la dose de votre insuline) en vous basant uniquement sur la glycémie affichée sur ce genre de montre, vous pourriez mettre votre santé en péril. Par exemple, si la montre indique de façon erronée une hyperglycémie, vous pourriez avoir le réflexe de vous donner un bolus d’insuline qui, en soit, ne serait pas nécessaire. Vous vous exposeriez alors à un risque d’hypoglycémie important.
Essais en cours avec des montres-capteurs
Des chercheurs et des compagnies travaillent néanmoins à trouver une façon de convertir les lecteurs de la glycémie en continu en montre. Cette innovation permettrait aux personnes vivant avec le DT1 ou le diabète de type 2 d’obtenir leurs glycémies en continu de façon discrète (capteur caché dans la montre).
Différentes technologies sont en cours de développement (au stade de prototype) et non validées par les autorités médicales pour le moment. Le dispositif le plus avancé consiste en un patch (à changer tous les 7 jours) placé sous le boîtier d’une montre. Celui-ci est muni d’une série de microaiguilles et de biocapteurs sous-cutanés qui analysent le niveau de glucose dans le liquide interstitiel (dans lequel baignent nos cellules), comme le font les lecteurs de la glycémie en continu approuvés au Canada.
Bien que ces technologies soient porteuses d’espoir, il est essentiel de rester vigilant en optant uniquement pour des dispositifs homologués par Santé Canada. Cela vous assurera d’obtenir des résultats aussi fiables que possible, réduisant ainsi tout risque pour votre santé.
Références :
Gouvernement du Canada. Des montres intelligentes de suivi de la glycémie (taux de sucre dans le sang) non homologuées peuvent présenter de graves risques pour la santé des personnes diabétiques. Avis public consulté le 1er mars 2024. https://recalls-rappels.canada.ca/fr/avis-rappel/montres-intelligentes-suivi-glycemie-taux-sucre-dans-sang-non-homologuees-peuvent
Écrit par : Nathalie Kinnard, rédactrice scientifique et assistante de recherche
Révisé par :
- Rémi Rabasa-Lhoret, M.D., Ph. D.
- Sarah Haag, R.N., B. Sc.
- Claude Laforest, Jacques Pelletier, Marie-Christine Payette, Michel Dostie, patients partenaires du projet BETTER.
Révision linguistique par : Marie-Christine Payette
Inscrivez-vous à notre infolettre
Abonnez-vous pour rester informé sur le diabète de type 1.
Participez au registre BETTER !
Premier registre de personnes vivant avec le diabète de type 1 au Canada.
En savoir plus





