Le diabète de type 1 (DT1) est une maladie qui demande beaucoup de temps et d’attention. Sa gestion demande des efforts constants et, au fil du temps, peut devenir mentalement éprouvante, et causer beaucoup de stress dans les périodes plus difficiles. La détresse liée au diabète fait référence aux émotions négatives que suscite cette gestion complexe. Si, d’une part, cette gestion cause de la détresse, cette même détresse, d’autre part, affecte aussi la glycémie.
Alors, qu’est-ce qui vient en premier : la détresse ou la dysrégulation glycémique?
Des études menées sur de longues périodes sur la base des taux de HbA1c n’ont pu déterminé comment et dans quelle mesure ces éléments s’influencent mutuellement, ni leur incidence sur une personne qui vit avec le DT1.
En quoi consiste cette étude récente?
Une étude récente a suivi les données glycémiques des participants en temps réel pendant 14 jours à l’aide d’un système de surveillance de la glycémie en continu (SGC). Ceux-ci devaient répondre à la question « Dans quelle mesure le diabète ou la gestion du diabète vous stressent-ils en ce moment » en notant leur niveau de stress sur une échelle de 0 à 100 toutes les trois heures (sans compter les heures de sommeil), et leurs réponses étaient comparées à leurs données de glycémie respectives. Il s’agissait d’un système de SGC à l’aveugle, c’est-à-dire que les participants n’avaient pas accès à leurs données de glycémie et poursuivaient leur routine de soins habituelle. Ces données combinées donnent un aperçu de l’interaction entre le stress lié au diabète et les données de SGC des participants, individuellement et au fil du temps.
L’hyperglycémie cause de la détresse liée au diabète
En général, les valeurs de détresse liée au diabète augmentaient dans les trois heures suivant un épisode où 1) moins de temps était passé dans la cible, 2) plus de temps était passé en hyperglycémie et 3) les valeurs glycémiques moyennes étaient plus élevées. Il est intéressant d’observer que le temps passé en hypoglycémie n’avait pas nécessairement d’incidence sur la venue d’un épisode de détresse liée au diabète.
Mais, la détresse liée au diabète ne cause pas l’hyperglycémie
Lorsque les participants déclaraient ressentir une plus grande détresse liée au diabète, il n’y avait pas de corrélation entre 1) le temps passé dans la cible, 2) le temps passé en hyperglycémie et 3) les valeurs glycémiques moyennes après trois heures. Les niveaux élevés de détresse liée au diabète étaient uniquement associés à des périodes où moins de temps était passé en hypoglycémie après trois heures.
Les données causent de la détresse liée au diabète
Les participants qui n’avaient pas de SGC personnel—et qui n’avaient donc pas accès aux données en temps réel—avaient tendance à vivre moins de détresse lorsqu’ils passaient plus de temps dans la cible, mais la corrélation était beaucoup plus élevée chez les personnes qui avaient accès à leurs données grâce à leur SGC personnel. Ces dernières vivaient également plus de détresse lorsque le temps passé en hyperglycémie était plus élevé, mais cette corrélation n’a pas été observée chez les personnes qui ne disposaient pas d’un SGC personnel.
L’utilisation d’un système d’administration automatisée de l’insuline (aussi appelé système à boucle fermée ou pancréas artificiel), contrairement à l’utilisation d’un SGC, n’avait aucune incidence sur le lien entre les données glycémiques et le niveau de détresse. Cela pourrait indiquer que les systèmes d’administration automatisée de l’insuline réduisent le potentiel anxiogène des données en temps réel.
Que peut-on en conclure?
La détresse émotionnelle et les taux de glycémie sont des éléments complexes soumis à l’influence de plusieurs facteurs. Par contre, l’étude citée révèle que plus souvent qu’autrement, la dysrégulation glycémique précède la détresse liée au diabète. Le cadre de l’étude ne permettait pas de contrôler les autres éléments influenceurs ou de déterminer les rapports de cause à effet, mais d’autres études se pencheront sans doute sur ces liens temporels.
Cette étude met également au jour la complexité de l’accès constant aux données de glycémie. Les systèmes de SGC permettent bien sûr à plusieurs personnes de gérer activement leur glycémie, mais ajoutent également du stress. Les flèches de tendances et les alertes, par exemple, donnent de l’information essentielle, mais peuvent également engendrer du stress inutile. Espérons que les avancées dans la gestion du DT1 telles que l’optimisation des systèmes d’administration automatisée de l’insuline permettront aux personnes qui vivent avec cette maladie de mieux l’autogérer sans subir de stress additionnel.
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Référence:
- Gonzalez JS, Hoogendoorn CJ, Hernandez R, Schneider S, Mustafiz F, Siddhanta M, Pyatak EA. Diabetes-Related Distress and Glycemic Dysregulation in Everyday Life With Type 1 Diabetes: Which Comes First? Diabetes Care. 2025 Aug 1;48(8):1453-1460. doi: 10.2337/dc25-0559. PMID: 40554543; PMCID: PMC12279033.
Écrit par : Cassandra Locatelli B.Sc.
Révisé par :
- Rémi Rabasa-Lhoret, MD, PhD
- Sarah Haag, infirmière clinicienne, B.Sc.
- Anne-Sophie Brazeau, DtP, PhD
- Darrin Davis, Tara Nassar, patient partenaire
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