Depuis quelques années, l’augmentation des cas de surpoids ou d’obésité chez les personnes vivant avec le diabète de type 1 (DT1) est étudiée de plus près. Nous avons récemment réalisé une étude à partir des données du registre BETTER, le premier registre de personnes vivant avec le DT1 au Canada, afin d’éclaircir ce phénomène et d’examiner les liens entre le poids corporel et la gestion du DT1.
En parcourant les données autodéclarées de 1 091 adultes inscrits au registre, nous avons constaté que le surpoids et l’obésité posent des défis uniques à la vie avec le DT1. L’excès de poids peut entraîner une résistance à l’insuline, ce qui rend la gestion de la glycémie encore plus difficile et augmente le risque de certaines complications liées au DT1 (p. ex., maladies cardiaques). Notre étude a également révélé un élément important : avec une meilleure compréhension de ces difficultés, les personnes vivant avec le DT1 peuvent prendre des décisions éclairées pour leur santé.
Les cas d’excès de poids sont fréquents et associés à des taux d’hémoglobine glyquée élevés
À partir des données sur le poids et la taille autodéclarées au registre, nous avons calculé que près de 35 % des personnes vivant avec le DT1 ont un surpoids, soit un IMC supérieur à 25 (poids en kg/taille en m2), et que 20 % sont caractérisés obèses, avec un IMC supérieur à 30. L’une des conclusions importantes de notre étude est que le surpoids et l’obésité sont liés à des taux plus élevés d’hémoglobine glyquée (ou HbA1c, le taux moyen de sucre dans le sang sur une période de trois mois). Cela signifie qu’il peut être plus difficile de maintenir une glycémie dans la plage cible (entre 4,0 et 10,0 mmol/L) avec un poids corporel élevé, ce qui peut augmenter le risque de complications liées au DT1.
Gestion du poids et du DT1 : quelques approches pratiques
Plusieurs études scientifiques ont montré qu’il est possible de maintenir un poids santé en contexte de DT1. Voici quelques habitudes de vie qui ont un impact positif sur la gestion du DT1, la santé globale et le poids :
- Bougez, bougez, et bougez encore. Bon nombre d’études ont démontré que l’activité physique régulière peut réduire le risque de complications, améliorer la santé physique et mentale, augmenter la sensibilité à l’insuline et, habituellement, faciliter la gestion de la glycémie. Il est recommandé de pratiquer au moins 30 minutes d’activité modérée la plupart des jours, pour un total d’environ 150 minutes par semaine. Marcher, danser, prendre les escaliers au lieu de l’ascenseur, jouer avec vos enfants… peu importe! L’essentiel est de trouver quelque chose que vous aimez. Même de courtes périodes de marche (p. ex., 3 minutes toutes les 20 à 30 minutes) ont un effet considérable sur les pics de glycémie après les repas. Les personnes en situation de surpoids ou d’obésité qui sont physiquement actives ont très souvent un meilleur profil de santé que les personnes qui ont un poids inférieur, mais qui sont sédentaires.
- Mangez équilibré. Croquez à pleines dents dans des aliments entiers : fruits, légumes, protéines maigres, grains… D’ailleurs, pourquoi ne pas remplacer les aliments peu nutritifs par des aliments entiers que vous aimez? Par exemple, vous pourriez remplacer des bonbons par des fraises ou des framboises.
- Gardez votre glycémie à l’œil. En surveillant de près votre glycémie, vous aurez une meilleure idée de la façon dont votre corps réagit aux différents aliments et à l’activité physique. Vous obtiendrez ainsi des indications précieuses sur ce qui fonctionne le mieux pour vous et sur les ajustements à faire.
- Prenez votre temps! Si vous voulez perdre du poids, il est important que les objectifs que vous vous fixez soient réalisables. Qu’il s’agisse de perdre un peu de poids, de manger mieux ou de bouger davantage, il est plus simple de diviser votre objectif en petites étapes faciles à gérer. À la longue, ces petits changements apporteront de grands bienfaits à votre santé. Même si la balance n’indique aucune perte de poids, la diminution du tour de taille est un très bon signe que votre profil de santé s’améliore.
- Revoyez la liste de vos médicaments avec votre équipe de soins. Certains médicaments qui ne servent pas à gérer le DT1 (p. ex., pour la santé mentale) peuvent augmenter le risque de prise de poids. Demandez à votre médecin s’il existe d’autres options qui vous apporteraient les mêmes bienfaits tout en posant un moindre risque de prise de poids.
- Analysez vos besoins en insuline. Si vous arrivez à perdre du poids, il est possible que vos besoins en insuline diminuent. Surveillez attentivement votre glycémie afin d’ajuster vos doses d’insuline et de réduire au minimum les épisodes d’hypoglycémie.
- Concentrez-vous sur le positif. Lorsque les résultats se font attendre, il est facile de se décourager. N’oubliez pas que les progrès peuvent prendre du temps à se manifester. Célébrez vos succès, aussi petits soient-ils, et gardez le cap sur vos objectifs à long terme.
Votre santé, votre affaire
Les résultats de notre étude montrent que plusieurs personnes vivant avec le DT1 ont un excès de poids qui pourrait les exposer à un risque plus élevé de développer certaines complications. Si la gestion du poids est importante pour vous ou votre santé, de petits changements durables peuvent améliorer votre état global, vous donner de l’énergie et réduire le risque de complications.
Vous n’êtes pas seul dans cette aventure. Votre équipe de soins, vos amis et/ou votre famille peuvent faire partie d’un système de soutien solide vous aidant à atteindre vos objectifs. N’hésitez pas à demander de l’aide si vous en avez besoin.
Prenez votre santé en main, une étape à la fois!
Ressource utile :
- Webinaire BETTER – Perte de poids et diabète de type 1
Références :
- Lalanne-Mistrih, L., et al.(2024). Overweight and Obesity in People Living With Type 1 Diabetes: A Cross-Sectional Analysis of the BETTER Registry. Diabetes/Metabolism Research and Reviews, 40(6), e3837.
- Donga, E., Dekkers, O.M., Corssmit, E.P., Romijn, J.A. (2015). Insulin resistance in patients with type 1 diabetes assessed by glucose clamp studies: systematic review and meta-analysis. European journal of endocrinology / European Federation of Endocrine Societies, 173(1):101-9.
- Sigal, R.J., et al. (2018). Diabetes Canada 2018 Clinical Practice Guidelines for the Prevention and Management of Diabetes in Canada: Physical Activity and Diabetes. Can J Diabetes,42(Suppl 1):S54-S63.
- Sievenpiper, J.L., Chan, C.B., Dworatzek, P.D., Freeze, C., Williams, S.L. (2018). Diabetes Canada 2018 Clinical Practice Guidelines for the Prevention and Management of Diabetes in Canada: Nutrition Therapy. Can J Diabetes, 42(Suppl 1):S64-S79.
Écrit par : Anne Bonhoure, M. Sc., étudiante au Ph. D. à l’IRCM
Révisé par :
- Nathalie Kinnard, rédactrice scientifique et assistante de recherche
- Sarah Haag, R.N., B. Sc.
- Rémi Rabasa-Lhoret, M.D., Ph. D.
- Anne-Sophie Brazeau, Dt.P., Ph. D.
- Meryem K. Talbo, Dt.P., M. Sc., Ph. D.
- Darrin Davis, patient partenaire du projet BETTER.
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