Vivre avec le diabète de type 1 (DT1), c’est gérer sa glycémie jour et nuit, jongler avec les chiffres, calculer les doses d’insuline et gérer les hausses et les baisses de sucre. Avec les systèmes d’administration automatisée de l’insuline (AAI), aussi appelés pancréas artificiels, de nombreuses personnes vivent une gestion quotidienne plus sécuritaire, plus efficace et allégée grâce à la réduction du risque d’hypoglycémie, du temps passé en hyperglycémie et du nombre de décisions à prendre. Ces appareils sont composés d’un système de surveillance de la glycémie en continu (SGC), d’une pompe à insuline, et d’un algorithme qui automatise en partie l’administration d’insuline en vue de stabiliser la glycémie le jour comme la nuit.
Depuis peu, des personnes se tournent vers les systèmes d’AAI de deuxième génération, plus récents (p. ex., MiniMed 780G avec SmartGuard, t:slim X2 avec Control-IQ), lesquels, en plus d’ajuster l’insuline basale, de réduire les interventions de l’utilisateur et de potentiellement améliorer la régulation de la glycémie, donnent des bolus de correction automatiques.
Au-delà des chiffres, une question importante : ces appareils aident-ils vraiment les personnes à mieux vivre avec le DT1 au quotidien?
Pour trouver la réponse, nous avons analysé des données provenant de 1731 adultes d’un peu partout au Canada qui sont inscrits au registre BETTER; le registre contient des récits réels des expériences vécues par les personnes qui vivent avec le DT1. Voici nos observations.
1. Les systèmes d’AAI les plus récents améliorent concrètement la glycémie.
Les utilisateurs des systèmes d’AAI de deuxième génération sont beaucoup plus susceptibles d’atteindre la cible optimale et la plus recommandée de HbA1c (≤7 %) que les utilisateurs de toute autre méthode de traitement ou de gestion de la glycémie (p. ex., système d’AAI moins récent, pompe avec SGC, MDI avec SGC, sans SGC).
Si votre but est d’améliorer vos glycémies, ces nouveaux systèmes offrent un avantage indéniable.
2. Les fardeaux émotionnel et mental demeurent élevés, peu importe la méthode de traitement.
Par contre, atteindre les cibles ne simplifie pas nécessairement la vie. Toutes méthodes de traitement confondues, beaucoup de personnes composent encore avec :
- la détresse liée au diabète (55 %).
- un mauvais sommeil (63 %)
- des préoccupations quant aux hausses et baisses de sucre.
Les personnes qui obtiennent un excellent taux de HbA1c indiquent elles aussi vivre beaucoup de stress et avoir un sommeil de mauvaise qualité. D’ailleurs, le groupe de recherche BETTER s’est déjà penché sur la question du sommeil chez les personnes qui vivent avec le DT1, souvent de mauvaise qualité.
Ces données lèvent le voile sur une réalité non négligeable : de meilleurs chiffres n’allègent pas systématiquement le fardeau mental.
3. La satisfaction est plus élevée, mais le stress ne s’atténue pas.
Les utilisateurs de systèmes d’AAI de deuxième génération sont généralement plus satisfaits de leur traitement que les utilisateurs d’autres méthodes de traitement. Le stress, par contre, demeure au rendez-vous. Les alertes des appareils, les problèmes techniques, le coût, et la pression de maintenir une glycémie parfaite sont autant de défis qui subsistent au quotidien pour bon nombre d’entre eux.
Alors… un système d’AAI de deuxième génération, est-ce le bon choix pour vous?
Un modèle plus récent de système d’AAI peut être une bonne option si vous poursuivez les objectifs suivants:
- une plus grande stabilité glycémique
- une réduction des hypo- et hyperglycémies
- une réduction des interventions manuelles
Il est important de garder à l’esprit que ces appareils n’allègent pas les fardeaux émotionnel et mental qui vont de pair avec le DT1. Même si la glycémie s’améliore, les alertes, les frustrations occasionnelles et le stress continu peuvent persister.
En bref
Les utilisateurs de systèmes d’AAI de deuxième génération atteignent de meilleures glycémies et parviennent aux taux cibles de HbA1c en plus grand nombre que les utilisateurs de toute autre méthode de traitement. Moins d’ajustements manuels sont nécessaires, ce qui allège l’aspect de gestion au quotidien.
Par contre, vivre avec le DT1, ça nécessite beaucoup d’ajustements quotidiens, et c’est beaucoup plus complexe que gérer des taux de glycémie. Même avec les technologies avancées, de nombreuses personnes continuent de vivre avec du stress et des inquiétudes, d’avoir un mauvais sommeil et de supporter le fardeau mental de la gestion de leur maladie. L’ajout d’un nouvel appareil ou d’une nouvelle technologie et la pression pour atteindre des glycémies parfaites contribuent également à ce fardeau.
Ce qu’il faut retenir, c’est que même si la technologie aide à améliorer la santé, elle ne remplace pas l’apport du soutien émotionnel, de l’apprentissage ou des stratégies de gestion du stress. Le bien-être est aussi important que les chiffres, et il est essentiel de reconnaître les défis émotionnels associés au DT1 et à la gestion glycémique et de chercher à les alléger. Espérons que les prochains systèmes d’AAI, en plus d’aider à atteindre de meilleures glycémies, seront conçus de façon à alléger le fardeau lié à la gestion de la maladie.
Inscrivez-vous au registre BETTER et racontez vos expériences vécues : vous aiderez ainsi les chercheurs à mieux comprendre les défis associés au DT1, ainsi qu’à développer des stratégies pertinentes pour la vie de tous les jours. Armés de ces informations, nous sommes en mesure d’établir des solutions pour atteindre une meilleure gestion glycémique et le bien-être général.
Référence: Wu Z, Alexandre-Heymann L, Lebbar M, Talbo MK, Bandini A, Chahal T, Grou C, Messier V, Boudreau V, Brazeau AS, Rabasa-Lhoret R. Despite lower haemoglobin A1c with second-generation automated insulin delivery systems, mental burden remains high for all adults with type 1 diabetes: A BETTER registry analysis. Diabetes Obes Metab. 2026 Feb;28(2):1150-1159. doi: 10.1111/dom.70299. Epub 2025 Nov 18. PMID: 41250885; PMCID: PMC12803586.
Écrit par : Zekai Wu, MD, PhD
Révisé par :
- Sarah Haag, infirmière clinicienne, B.Sc.
- Cassandra Locatelli, PhD
- Rémi Rabasa-Lhoret, MD, PhD
Pamela Dawe, Darrin Davis, patients partenaires
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