Le contrôle glycémique est-il relié au risque de fracture chez les individus vivant avec le diabète de type 1?

Le contrôle glycémique est-il relié au risque de fracture chez les individus vivant avec le diabète de type 1?

L’une des complications du diabète dont on parle peu est son effet sur la santé de l’os. Selon diverses études, les personnes vivant avec le diabète ont des os plus fragiles et sont 2 à 3 fois plus à risque de fracture que la population générale.

Le lien entre le diabète et la santé des os

Le diabète de type 1 est associé à une faible densité osseuse (teneur minérale osseuse faible), à une moindre qualité osseuse et à une fragilité accrue des os, en particulier au niveau de la hanche. En cas de chute cela peut entraîner des fractures.

Bien que le mécanisme responsable de cette fragilité ne soit toujours pas complètement compris, les chercheurs estiment que ces facteurs sont les plus fréquents dans le contexte du diabète de type 1:

  1. Chez les personnes ayant reçu un diagnostic de diabète de type 1 avant l’âge adulte, le déficit en insuline ainsi que certaines autres hormones peuvent affecter la masse osseuse et la microstructure ce qui la rend plus fragile.
  2. Dans certains cas, le diabète peut être associé à une inflammation pouvant accélérer le vieillissement osseux et donc entraîner une vulnérabilité aux fractures.
  3. L’hyperglycémie a été associée à certaines anomalies osseuses.
  4. L’hypoglycémie peut augmenter le risque de chute et d’accident, augmentant ainsi le risque de fractures.

Meilleur contrôle glycémique et risque de fracture?

Outre la relation entre le diabète et le risque de fracture, certains chercheurs ont également étudié la relation entre le contrôle de la glycémie et les fractures.

Cependant, ils n’ont pas pu parvenir à un consensus, car certains ont montré que plus le contrôle glycémique était mauvais, plus le risque de fracture était élevé, tandis que d’autres n’ont trouvé aucune association ou au contraire, ont montré qu’un contrôle glycémique plus strict, en particulier lorsque l’HbA1c était très basse ce qui pourrait indiquer une fréquence plus élevée d’hypoglycémie, augmentait le risque de fractures principalement en augmentant le risque de chutes.

Les conclusions différentes de ces études sont principalement dues à une grande variation dans les méthodes utilisées (par exemple, nombre de participants trop petit, différentes façons d’évaluer le contrôle de la glycémie, etc.).

Résultats intéressants d’une nouvelle étude

Dans une nouvelle étude britannique (1), les chercheurs ont évalué la relation entre le contrôle de la glycémie, en utilisant plusieurs mesures d’HbA1C au fil du temps, et le risque de fracture chez les personnes atteintes de diabète de type 1 (n = 3 329) et de type 2 (n = 44 275) séparément.

Ils ont constaté que:

  1. L’effet du contrôle glycémique sur le risque de fractures non vertébrales (excluant les fractures de la colonne vertébrale et du crâne) peu traumatiques (résultant d’un traumatisme égal ou inférieur à une chute en position debout) diffère entre le diabète de type 1 et de type 2. Ils ont en effet trouvé qu’un meilleur contrôle glycémique était associé à un risque de fracture moins important dans le diabète de type 1, mais n’ont trouvé aucune association dans le diabète de type 2.
  2. Dans le diabète de type 1, un contrôle glycémique non optimal (HbA1c supérieure à 8%) était associé à un risque légèrement accru de fractures par rapport à un bon contrôle glycémique (HbA1c inférieure ou égale à 7%).

Conclusion

Bien que le risque de fracture augmente avec le diagnostic de diabète, la bonne nouvelle est qu’avec un contrôle adéquat de la glycémie, il est possible de réduire ce risque, en particulier dans le cas du diabète de type 1. De plus, d’autres facteurs, tels que le maintien d’un mode de vie sain, grâce à une nutrition appropriée (par exemple, un bon apport en calcium et en vitamine D) et à l’activité physique, ont un effet protecteur sur la santé de nos os.

La prévention de l’hypoglycémie pour réduire le risque de chute est une autre mesure importante. Enfin, lorsque les os sont trop fragiles (ostéoporose), une maladie fréquente après 60 ans même en l’absence de diabète de type 1, des traitements sont disponibles et n’interfèrent pas avec le contrôle de la glycémie.

Référence:

(1)Vavanikunnel J, Charlier S, Becker C, Schneider C, Jick SS, Meier CR, and Meier C. Association between Glycemic Control and Risk of Fracture in Diabetic Patients: A Nested Case-control Study. The Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, January 16, 2019. doi:10.1210/jc.2018-01879.