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Pompe à insuline: certaines habitudes comptent pour améliorer la gestion de la glycémie.

Pour les personnes qui vivent, ou qui ont un enfant qui vit avec le diabète de type 1 (DT1), la quête d’une glycémie dans les cibles est constante. Cela représente un parcours très difficile, avec des résultats parfois décourageants, qui demande des stratégies et des ajustements multiples au quotidien. 

Avec le temps, la recherche médicale a permis de démontrer que certaines habitudes en lien avec la gestion de la glycémie permettent de faciliter l’atteinte des objectifs glycémiques. Par exemple, c’est  une grande étude des années 90 qui a démontré que de combiner la mesure de la glycémie au bout du doigt à l’injection d’insuline plusieurs fois par jour facilitait l’atteinte d’une hémoglobine glyquée (HbA1c) à 7,5% ou moins. Selon l’âge, viser une HbA1c inférieure à 7,0 ou 7,5%, est l’objectif recommandé par Diabète Canada, afin de prévenir la survenue ou la progression d’éventuelles complications médicales du diabète.

Avec le développement et la démocratisation des technologies, de plus en plus de personnes vivant avec le DT1 utilisent désormais des lecteurs de la glycémie en continu et/ou des pompes à insuline qui permettent, le plus souvent, de diminuer le fardeau que représente la gestion de la glycémie, d’améliorer la qualité de vie, de diminuer le temps passé en hypoglycémie, ou encore d’améliorer l’HbA1c. 

Si ces technologies offrent de telles promesses, certaines habitudes en lien avec leur utilisation peuvent permettre d’en bénéficier au maximum. Quelles sont ces habitudes? En existe-t-il des plus efficaces que les autres, pour améliorer les glycémies? 

Récemment au Danemark, 770 adultes vivant avec le DT1 et utilisant une pompe à insuline, ont complété un questionnaire en ligne dans le cadre d’une étude, pour évaluer leurs habitudes en lien avec la pompe. L’adoption de ces habitudes était ensuite comparée aux résultats de glycémie. 

Ajuster soi-même les paramètres de la pompe.

Si la pompe à insuline peut permettre un meilleur contrôle glycémique qu’avec des injections multiples, le grand nombre de paramètres et d’ajustements possibles avec celle-ci peut être intimidant. Cependant, l’étude montre que les utilisateurs qui ajustent eux-mêmes les paramètres de leur pompe à insuline entre les rendez-vous médicaux ont une meilleure HbA1C que ceux qui ne le font pas. 

Aucun participant de l’étude n’utilisait l’une des nouvelles pompes à insuline appelées systèmes de boucle fermée hybride (Medtronic 670G et 770G et Tandem Control IQ) qui permettent de moduler automatiquement le débit basal d’insuline, et de réduire ainsi le nombre d’ajustements que l’utilisateur a à effectuer.

D’autres habitudes d’autogestion clefs.

En plus de l’auto-ajustement des paramètres de la pompe à insuline, d’autres habitudes d’autogestion ressortent de l’étude comme ayant le potentiel d’améliorer l’HbA1c. Ces habitudes sont les suivantes:

  • Ne pas oublier d’injecter l’insuline. Les participants de l’étude qui ont indiqué ne jamais oublier (ou rarement) d’administrer leur insuline pour le repas ou la collation avaient une meilleure HbA1c que les autres. Pour favoriser la mise en place de cette habitude, certaines stratégies peuvent aider (p.ex. programmer une alerte à l’heure habituelle des repas sur la pompe à insuline ou le cellulaire).
  • Administrer l’insuline avant le repas. Probablement l’une des habitudes les plus difficiles à mettre en place pour certains, administrer l’insuline avant de commencer à manger permet de diminuer le «pic» de glycémie après le repas. C’est en effet ce que montre l’étude, puisque les participants qui administrent l’insuline 10-15 minutes avant le début de repas ont une meilleure HbA1c que ceux qui le font pendant ou après. 
  • Changer régulièrement le set de perfusion, c’est-à-dire le cathéter, la tubulure et le réservoir qui permettent l’administration de l’insuline sous la peau. Les participants de l’étude qui changent leur set de perfusion avant 4 jours ont, en effet, une meilleure HbA1c que les participants qui le changent après 5 à 10 jours d’utilisation. La pompe à insuline Omnipod n’est pas concernée par cette constatation, puisque le pod (système de perfusion sans fil) ne peut pas être porté plus de 3 jours. Les recommandations actuelles suggèrent de changer le set de perfusion tous les 48 à 72h pour éviter la survenue de problèmes (p.ex. blocage, lipodystrophies). 

Des habitudes qui semblent moins efficaces.

Si certaines habitudes ont donc permis de montrer un avantage évident pour l’HbA1c, certaines autres n’ont pas montré de bénéfices clairs. C’est le cas des habitudes liées aux fonctions «avancées» de la pompe, comme l’utilisation du:

  • Basal temporaire. Cette fonction permet d’augmenter ou de diminuer le débit basal d’insuline pendant une période de temps choisie (p.ex. pour une période d’activité physique).
  • Bolus duo-carré ou prolongé. Cette fonction permet de diviser l’injection pour donner une partie du bolus au début du repas et d’étendre le reste pendant une période de temps choisie (p.ex. pour un repas riche en gras).
  • Bolus carré. Cette fonction permet d’administrer le bolus de façon continue sur une période définie (p.ex. pour un repas très long). 

Une des explications que l’on pourrait donner à cette absence d’effet sur l’HbA1c, est la difficulté à définir les paramètres adéquats pour ces fonctions (p.ex. temps).

Les résultats de cette étude sous-entendent que pour être en mesure de bénéficier au maximum de sa pompe à insuline, l’utilisateur doit être proactif et suffisamment connaisseur pour ajuster lui-même ses paramètres. D’ailleurs, même si les systèmes de boucle fermée hybride modulent automatiquement le débit d’insuline basal en fonction de la glycémie, l’utilisateur doit tout de même manipuler la pompe (p.ex. au moment du repas) et ajuster certains paramètres (p.ex. ratios pour les glucides, facteur de sensibilité). De plus, certaines études montrent que même avec ces systèmes, un repas particulier (p.ex. plus gras que d’habitude) peut avoir un impact sur la gestion de la glycémie (p.ex. hyperglycémie prolongée).

Tant que le diabète ne pourra pas être guéri, connaissances et confiance seront nécessaires pour les personnes qui vivent avec le DT1 pour prendre en charge la gestion de leur glycémie. Les professionnels de la santé doivent donc s’assurer d’offrir l’accès aux connaissances à ces dernières et prendre en compte leurs besoins, pour les aider à mieux vivre avec le DT1.

ÉCRIT PAR: Sarah Haag RN. BSc.

RELECTURE:

  • Amélie Roy-Fleming Dt.P., EAD, M.Sc.
  • Rémi Rabasa-Lhoret, MD, Ph. D.
  • Anne-Sophie Brazeau RD, Ph. D.
  • Jacques Pelletier, patient-partenaire, vit avec le DT1 depuis 1978
  • Sonia Fontaine, patiente-partenaire, vit avec le DT1 depuis 2000
  • Marie-Christine Payette, patiente-partenaire, vit avec le DT1 depuis 1988
  • Michel Dostie, patient-partenaire, vit avec le DT1 depuis 1991
  • Eve Poirier, patiente-partenaire, vit avec le DT1 (LADA) depuis 2018
  • Claude Laforest, patient-partenaire, vit avec le DT1 depuis 1984
  • Laurence Secours, patiente-partenaire, vit avec le DT1 depuis 1994

Références:

  • KAREN RYTTER, KRISTOFFER P. MADSEN, HENRIK U. ANDERSEN, EVA HOMMEL, ULRIK PEDERSEN-BJERGAARD, SIGNE SCHMIDT, KIRSTEN NØRGAARD; 780-P: Associations between Insulin Pump Self-Management and HbA1c. Diabetes 1 June 2022; 71 (Supplement_1): 780–P. https://doi.org/10.2337/db22-780-P
  • Gingras, Véronique et al. “The challenges of achieving postprandial glucose control using closed-loop systems in patients with type 1 diabetes.” Diabetes, obesity & metabolism vol. 20,2 (2018): 245-256. doi:10.1111/dom.13052

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