Impact des gras et des protéines sur la glycémie et comment ajuster son administration d’insuline

Selon les recommandations actuelles, la dose d’insuline à administrer pour un repas est en grande partie déterminée en fonction de la quantité de glucides consommée. Cependant, plusieurs études récentes indiquent que la composition du repas, en particulier sa teneur en gras (aussi appelés lipides) et en protéines, a aussi un rôle à jouer sur la glycémie après le repas.

Un article rédigé par des chercheurs de l’Université de Newcastle en Australie a regroupé les résultats de plusieurs études présentant certains effets de la consommation de gras et de protéines sur la gestion de la glycémie chez les personnes vivant avec le diabète de type 1.

Les protéines et les gras accompagnés de glucides peuvent influencer directement la glycémie.

Certaines études ont démontré que lorsque des protéines sont consommées seules, il en faudrait une grande quantité pour influencer significativement la glycémie (75-100g de protéines soit l’équivalent d’un steak maigre de 300g). Cependant, en combinaison avec 30g de glucides, il faudrait aussi peu que 12,5g de protéines pour que celles-ci engendrent une augmentation de la glycémie supérieure à celle occasionnée par les glucides seuls.

D’autres études ont montré un impact similaire des gras sur la glycémie.

Cette augmentation de la glycémie liée aux gras et aux protéines est généralement observée tardivement, 3 à 6 heures après le début du repas.

Comment ajuster son insuline?

L’un des repas réputés pour son impact imprévisible sur la glycémie est la pizza. Elle est riche en glucides, mais aussi en gras et en protéines. Selon des résultats publiés dans l’article, la consommation de pizza chez les participants a nécessité une augmentation significative de leur dose régulière d’insuline afin d’éviter l’hyperglycémie.

L’article mentionne cependant un élément important à prendre en compte. Lors d’une autre étude où les participants consommaient un repas riche en gras et en protéines, certains participants n’avaient besoin d’aucune insuline supplémentaire alors que  d’autres pouvaient nécessiter le double de leur insuline habituelle. D’autres études ont montré que le besoin en insuline supplémentaire apparaissait surtout 1 à 2 h après ce type de repas. Il est donc très difficile d’estimer la dose d’insuline supplémentaire mais aussi le moment ou cette insuline devrait être administrée.

La pompe à insuline peut permettre de mieux faire face à ces situations.

La pompe à insuline possède une fonction appelée duo/carré ou bolus prolongé, qui permet de diviser l’injection de l’insuline du repas. Cette fonction permet de donner une partie du bolus immédiatement et d’étendre l’autre partie sur une période prolongée.

Peu d’études ont abordé le temps idéal pour administrer l’insuline lors d’un repas riche en gras et en protéines. Cependant, les études mentionnées dans l’article indiquent que plus la quantité de gras est importante, plus l’insuline devrait être administrée sur une longue période.

Pour les personnes vivant avec le diabète de type 1 qui utilisent des stylos ou des seringues, la seule façon pour administrer leur insuline serait d’injecter une partie de la dose d’insuline rapide prévue pour le repas 1h à 1h30 après le début de celui-ci. Cependant, aucune étude n’a testé cette façon de faire.


La variabilité glycémique après un repas est un défi important pour les personnes vivant avec le diabète de type 1.

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Référence:

  • Smart, C. E., King, B. R., & Lopez, P. E. (2019). Insulin Dosing for Fat and Protein: Is it Time? Diabetes Care, 43(1), 13–15. doi: 10.2337/dci19-0039