Vie professionnelle et diabète de type 1 : je me sens dépassé.e

Vie professionnelle et diabète de type 1 : je me sens dépassé.e

Calcul des glucides, injections d’insuline, mesure de la glycémie, changement de site, calibration du capteur, correction d’une hypo, inquiétude au sujet d’une hypo ou d’une hyper, heure des repas, alimentation équilibrée, exercice et la liste ne s’arrête pas là! Beaucoup de changements de vie viennent avec le diabète, ce qui peut, dans une certaine mesure, devenir épuisant et accablant. Le fardeau émotionnel des gens qui vivent avec le diabète et le régime d’autogestion du diabète se fait sentir chaque jour.

Qu’est-ce que la détresse reliée au diabète?

Récemment, les médecins et les chercheurs ont accordé plus d’attention à la réaction émotionnelle rationnelle qui découle de ce sentiment d’accablement. La détresse reliée au diabète, ou DD, est le produit de l’adaptation émotionnelle et du fardeau qui trouve sa source dans les exigences de la gestion du diabète. Elle fait référence à toutes les peurs et les inquiétudes que les personnes vivant avec le diabète, surtout le diabète de type 1, éprouvent chaque jour. La détresse reliée au diabète englobe aussi le stress associé aux relations sociales (couple, famille, amis, école et milieu de travail) et le stress associé à la relation entre le fournisseur de soins (p. ex., médecin, personnel infirmier, nutritionniste, etc.) et le patient.  

Quel est l’effet sur notre vie quotidienne?

La peur de l’hypoglycémie est un excellent exemple du type d’inquiétude causé par la DD.

La perception du manque de soutien, que ce soit de la famille, des amis ou même des professionnels de la santé, peut exacerber la DD et donner naissance à l’adoption de mécanismes d’adaptation qui pourraient être nuisibles. Une des adaptations les plus courantes est lorsque les personnes vivant de la DD choisissent délibérément de rester dans un état constant d’hyperglycémie ou choisissent intentionnellement de laisser leur glycémie monter avant et pendant les rassemblements sociaux, les événements, les voyages et le travail pour éviter d’avoir un épisode d’hypoglycémie. C’est pourquoi la DD s’est avérée fortement associée avec un taux d’hémoglobine glyquée (HbA1c) élevé.

Détresse reliée au diabète et hyperglycémie intentionnelle au travail

Compte tenu de l’importance du contexte social de la vie professionnelle, un groupe de chercheurs a voulu étudier l’association de la DD et des facteurs de la vie professionnelle.

Ils ont interrogé plus de mille adultes travailleurs vivant avec le diabète de type 1 pour explorer le lien entre les facteurs liés au travail (comme l’aptitude à travailler, les exigences du travail et la possibilité de pratiquer l’autogestion au travail), la DD liée au travail, l’hyperglycémie intentionnelle au travail et le contrôle glycémique.


Ils ont découvert que la DD liée au travail était associée avec une tendance des personnes à rester intentionnellement en état d’hyperglycémie au travail, ce qui était, à son tour, associé à un contrôle glycémique indésirable.

Même si le maintien d’un état d’hyperglycémie peut apporter un confort temporaire (c.-à-d. savoir qu’on ne peut pas être en hypoglycémie si la glycémie est trop haute), cela peut être nuisible à long terme. En fait, cette étude a révélé que, de manière générale, le contrôle glycémique était touché par la DD seulement si la personne avait intentionnellement maintenu une glcyémie élevée.

Il est important de noter que, si l’hypoglycémie vous préoccupe, une approche plus efficace serait d’en parler avec votre professionnel de la santé pour en évaluer la cause et trouver des façons d’y remédier. Une formation sur la perception de l’hypoglycémie et une intervention cognitivo-comportementale (p. ex., des techniques de relaxation et des exercices de restructuration cognitive) peuvent réduire le niveau de peur et améliorer la gestion de la condition.      

En un mot :

La détresse reliée au diabète est une réalité que vivent plusieurs personnes avec le diabète de type 1. Elles peuvent se sentir dépassées, effrayées ou perdues et le fait d’avoir accès à des informations solides pour prendre des décisions éclairées et avoir accès à un système de soutien positif est primordial pour leur bien-être.

Dans le cadre du projet BETTER, nous croyons que votre expérience comme personne vivant avec le diabète de type 1 mérite d’être entendue et partagée et que vous méritez un espace exempt de jugement pour approfondir vos connaissances et être un partenaire dans l’avancement des soins.

Références :

1- Berry E, Lockhart S, Davies M, Lindsay JR, Dempster M. Diabetes distress: understanding the hidden struggles of living with diabetes and exploring intervention strategies. Postgraduate medical journal. 2015;91(1075):278-283. doi:10.1136/postgradmedj-2014-133017

2- Hansen UM, Skinner T, Olesen K, Willaing I. Diabetes distress, intentional hyperglycemia at work, and glycemic control among workers with type 1 diabetes. Diabetes care. 2019;2019 Feb 14. doi:10.2337/dc18-1426

3- Robinson DJ, Coons M, Haensel H, Vallis M, Yale JF. Diabetes Canada 2018 Clinical Practice Guidelines for the Prevention and Management of Diabetes in Canada: Diabetes and Mental Health. Can J Diabetes 2018; 42 (Suppl 1): S130-S141

4-Wild D, von Maltzahn R, Brohan E, Christensen T, Clauson P, Gonder-Frederick L. A critical review of the literature on fear of hypoglycemia in diabetes: implications for diabetes management and patient education. Patient education and counseling. 2007;68(1):10-15. doi:10.1016/j.pec.2007.05.003