Quel traitement pour le diabète LADA?

Le diabète LADA (Latent Autoimmune Diabetes in Adults), aussi qualifié de diabète de type 1 lent, est souvent mal diagnostiqué au départ. 

En effet, le LADA apparaît plus tard dans la vie (généralement après l’âge de 30 ans) que le diabète de type 1 typique, et il n’est donc pas toujours facile pour les professionnels de la santé de première ligne de le différencier d’un diabète de type 2. En revanche, comme dans le diabète de type 1, des anticorps détruisent les cellules bêta du pancréas qui produisent l’insuline. Cette destruction s’effectue beaucoup plus rapidement que dans le diabète de type 2, mais aussi plus lentement que dans le diabète de type 1 dans sa forme classique. Pour cette raison, il n’est souvent pas nécessaire de recourir au traitement par insuline dans les 6 mois suivant le diagnostic même si à terme le diabète LADA sera traité comme un diabète de type 1 classique.

Le traitement idéal d’un diabète de type LADA devrait viser à protéger les cellules bêta afin de repousser leur destruction complète et ainsi maintenir une sécrétion naturelle d’insuline le plus longtemps possible. 

Cependant, il n’est pas encore établi s’il vaut mieux utiliser un traitement avec des médicaments oraux comme dans le diabète de type 2, ou débuter l’insuline le plus tôt possible.

Une étude scandinave d’une durée de 21 mois à récemment été menée chez 64 personnes de 30 à 75 ans vivant avec le diabète de type LADA. Cette étude visait à comparer l’impact de l’utilisation précoce d’insuline, à l’utilisation d’un traitement oral par Sitagliptine (Januvia®) habituellement utilisé chez les personnes vivant avec le diabète de type 2. La Sitagliptine fait sécréter de l’insuline par le pancréas lorsque le taux de sucre est élevé. Certains médecins craignent que ce traitement plus simple que l’insuline puisse épuiser le pancréas des personnes qui vivent avec le diabète LADA plus rapidement . 

Les participants à cette étude étaient séparés en deux groupes. Un groupe recevait de l’insuline tandis que l’autre recevait de la Sitagliptine. 

Pas de différence sur la préservation des cellules bêta entre les deux groupes. 

Les mesures effectuées lors de l’études indiquent que la glycémie à jeun, l’hémoglobine glyquée ainsi que la sécrétion naturelle d’insuline par le pancréas étaient comparables à la fin de l’étude que les participant soient traités avec de l’insuline ou de la Sitagliptine. 

La seule différence notée entre les deux groupes était le poids. En effet, une prise de poids (+1,9kg) à été observée dans le groupe prenant de l’insuline comparativement à une perte de poids (-3,4kg) observée dans le groupe prenant de la Sitagliptine.

Un taux élevé d’anticorps anti GAD: marqueur de sévérité de la dégradation des cellules bêta.

Quelque soit le groupe de traitement, la sécrétion naturelle d’insuline par le pancréas était davantage réduite à la fin de l’étude chez les participants qui avaient un taux élevé d’anticorps anti-GAD au départ.  

Cette étude permet donc d’affirmer qu’il est possible d’utiliser la Sitagliptine, ou un médicament de la même classe, chez les personnes vivant avec le LADA sans risquer de dégrader plus rapidement les cellules bêta du pancréas. Pour cela, il est cependant important que le ce type de diabète soit bien diagnostiqué dès le départ afin d’offrir le meilleur traitement.

Il faudra également être davantage vigilant lorsque le taux d’anticorps anti GAD est élevé pouvant indiquer une altération plus rapide de la sécrétion naturelle d’insuline et donc la nécessité de recourir plus rapidement à des injections d’insuline.

Près de 7% des personnes inscrites au registre BETTER rapportent vivre avec un diabète de type LADA. Aidez nous à dresser un portrait représentatif du type 1 au Québec.

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Référence:

  • Hals I et al. Investigating optimal β-cell-preserving treatment in latent autoimmune diabetes in adults: Results from a 21-month randomized trial. Diabetes Obes Metab 2019;21:2219-2227. doi: 10.1111/dom.13797