Faits saillants de l’EASD 2019: nouvelles études sur l’hypoglycémie et le diabète de type 1

Faits saillants de l’EASD 2019: nouvelles études sur l’hypoglycémie et le diabète de type 1

Chaque année, l’EASD (European Association for the Study of Diabetes) présente les résultats des dernières études en diabète, lors de son congrès. Le dernier a eu lieu du 16 au 20 septembre 2019 et nous vous en présentons quelques points importants sur les hypoglycémies.

Les hypoglycémies sévères (perte de connaissance ou besoin d’une autre personne pour traiter l’hypoglycémie) augmenteraient le risque de décès.

Une étude a été menée entre 2000 et 2018 par des chercheurs de Graz en Autriche et de Swansea au Pays de Galles chez 8626 personnes vivant avec le diabète de type 1. Cette étude démontre que de faire des hypoglycémies sévères de façon répétée peut avoir un effet sur le risque de décès. 

On avait déjà observé ce risque chez les personnes vivant avec le diabète de type 2. Cependant, dans cette nouvelle étude, spécifique aux personnes vivant avec le diabète de type 1, l’observation reste la même malgré une moyenne d’âge plus jeune (31 ans en moyenne). L’augmentation du risque de mortalité est très faible mais elle est mesurable.
Il est impossible de savoir si les épisodes d’hypoglycémie sévère se présentent davantage chez des personnes qui sont plus malades, ou si l’hypoglycémie sévère est directement en cause dans le risque de décès plus élevé. 

Au delà du caractère traumatisant des hypoglycémies sévères, les résultats de cette étude viennent appuyer  l’importance de développer de nouvelles approches pour réduire l’hypoglycémie sévère. C’est l’objectif principal du programme BETTER.

Le peptide-C et son effet sur les hypoglycémies.

Le peptide-C mesuré lors d’une prise de sang permet d’évaluer la quantité d’insuline que le pancréas est capable de produire. On a longtemps pensé que les personnes vivant avec le diabète de type 1 ne produisaient plus du tout d’insuline et donc de peptide-C. Cependant, plusieurs recherches récentes démontrent que certaines personnes produisent encore un peu d’insuline et, donc, de petites quantités de peptide C.  

Une étude menée par l’Université d’Edimbourg a comparé la fréquence des hypoglycémies (mesurées par un lecteur de la glycémie en continu) et le niveau de peptide-C chez des personnes vivant avec le diabète de type 1. Les résultats démontrent que les personnes qui sécrètent encore un peu d’insuline font moins d’hypoglycémies que celles qui n’en sécrètent plus du tout.
Ce constat pourrait s’expliquer par le fait que les cellules du pancréas qui produisent le glucagon se trouvent juste à côté des cellules qui produisent l’insuline, et seraient donc en meilleure santé lorsque ces dernières produisent encore un peu d’insuline.

Beaucoup de recherches sont en cours pour identifier les personnes avec le diabète de type 1 qui sécrètent encore un peu d’insuline, et tenter de comprendre le mécanisme par lequel certaines cellules du pancréas survivent.

L’activité de haute intensité et son effet sur la non perception des symptôme de l’hypoglycémie.

Certaines personnes qui vivent avec le diabète de type 1 ne présentent plus de symptômes lors d’épisodes d’hypoglycémie. Ces personnes sont donc plus à risque d’hypoglycémie sévère (perte de connaissance ou besoin d’intervention d’une autre personne) puisqu’elles ne sont plus capables de reconnaître, et donc de traiter l’hypoglycémie. On estime que 20 à 25% des personnes vivant avec le diabète de type 1 ont de la difficulté à percevoir les symptômes de l’hypoglycémie

Les chercheurs de l’Université de Dundee se sont interrogés sur la capacité de l’activité physique de haute intensité à augmenter la réponse de contre-régulation (et donc des symptômes) à l’hypoglycémie.  Dans le cadre de la recherche, 12 personnes qui ne perçoivent plus les symptômes de l’hypoglycémie ont effectué des séries de sprints intenses sur un vélo. Les chercheurs ont ensuite évalué la présence ou non de symptômes lors d’un épisode d’hypoglycémie. Ils ont pu observer, de façon très intéressante, que les personnes présentaient à nouveau certains symptômes lors de l’hypoglycémie après cette séance d’entraînement.

Ce résultat devra être validé sur un plus grand nombre de personnes vivant avec le diabète de type 1, mais il ouvre une piste de traitement pour restaurer les symptômes lors d’épisode d’hypoglycémie.

Ces études apportent donc de nouvelles pistes et viennent rappeler l’importance de réduire les épisodes d’hypoglycémies et de trouver des solution pour les éviter au maximum chez les personnes vivant avec le diabète de type 1.

Aidez-nous à faire avancer la recherche en vous inscrivant au registre BETTER.

Références :

  • O. Moser, J. Rafferty, M.L. Eckstein, O. McCarthy, R.M. Bracken, H. Sourij, S.C. Bain, R.L.Thomas. Number of preceding episodes of severe hypoglycaemia determine subsequent acute death in people with type 1 diabetes: a retrospective cohort study. Abstract 87.  55th EASD Annual Meeting, 2019. 
  • FW Gibb, JA McKnight, C Clarke & MWJ Strachan, C-peptide micro-secretion is associated with lower rates of hypoglycaemia on flash glucose monitoring in people with type 1 diabetes. Abstract 85. 55th EASD Annual Meeting, 2019. 
  • Improved counter regulatory response to hypoglycaemia after dishabituation with high intensity exercise in people with type 1 diabetes and impaired hypoglycaemia awareness. Abstract 89. 55th EASD Annual Meeting, 2019.

image tirée de : https://www.easd.org/annual-meeting/easd-2019.html