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Jours de maladie et diabète de type 1: 5 conseils et stratégies pour traverser ces journées.

Comme tout le monde, les personnes qui vivent avec le diabète de type 1 (DT1) peuvent tomber malade, et ce, même en faisant de leur mieux pour se protéger. Les jours de maladie sont, dans ce cas, plus difficiles à gérer en raison de leur impact sur la glycémie. 

En effet, un rhume, une grippe, une infection, etc. représentent un stress pour le corps qui réagit en libérant une plus grande quantité de glucose dans le sang, et provoque ainsi une augmentation de la glycémie. 

De plus, le corps peut devenir momentanément  plus résistant à l’insuline (l’organisme utilise moins bien l’insuline et a donc besoin de doses plus élevées) durant cette période. Certaines infections (p. ex., pneumonie, infection urinaire) ou bien certains traitements utilisés (cortisone) peuvent également augmenter de façon importante les besoins quotidiens en insuline, et ce jusqu’à ce que l’infection soit guérie. Il ne faut pas sous-estimer ces effets car dans certains cas les besoins, et par conséquent les doses d’insuline, peuvent doubler en quelques jours.

Dans certaines situations des hypoglycémies (glycémies trop basses) peuvent survenir, par exemple en cas de vomissements, ou si vous (ou votre enfant) avez du mal à vous alimenter normalement.

Comme il n’est pas toujours évident de s’absenter du travail ou d’obtenir un rendez-vous de dernière minute chez le médecin lorsque ce type de situation se produit, il est important d’être préparé et d’avoir réfléchi en avance à des stratégies au cas où vous, ou votre enfant, tombiez malade. 

Voici 5 exemples de stratégies que vous pourriez essayer d’appliquer dans de telles occasions.

1- Mesurer la glycémie plus régulièrement

L’impact des jours de maladie sur la glycémie est difficile à prévoir. C’est pourquoi il est important de vérifier la glycémie plus souvent que vous ne le feriez normalement. (toutes les 4 heures, ou plus souvent, surtout en présence de corps cétoniques) 

Les lecteurs de la glycémie en continu facilitent la surveillance rapprochée de la glycémie. Certains peuvent, en revanche, être moins précis en cas de déshydratation (p.ex. vomissements, diarrhées, fièvre importante) ou lors de prise de substances interférentes (p.ex acétaminophène, suppléments de vitamine C). En cas de doute sur le résultat, il est recommandé de vérifier la glycémie avec un lecteur capillaire (au bout du doigt).

2- Mesurer les corps cétoniques

Outre la vérification de la glycémie, il est important de surveiller la présence de corps cétoniques. Ces derniers sont libérés lorsque la glycémie est élevée et que l’organisme n’a pas assez d’insuline. Ils peuvent conduire à une acidocétose diabétique et il est donc par conséquent, crucial de les dépister et, s’il y en a, d’en surveiller l’évolution.  

Il existe 2 façons de les mesurer: à l’aide de bandelettes urinaires ou d’un lecteur qui ressemble à un lecteur de la glycémie capillaire, avec des  bandelettes spéciales. Les lecteurs de la glycémie Freestyle Libre 1 et 2 offrent également cette option mais attention:  il faut pour cela se procurer les bandelettes adaptées.

Lors de jours de maladie, si la glycémie reste élevée (supérieure à 14 mmol/L) et/ou en cas de nausées ou de vomissements, il est important de mesurer les corps cétoniques régulièrement (toutes les 2 à 4 heures). La présence de corps cétoniques indique que le corps a besoin de plus d’insuline.

Retrouvez ICI la marche à suivre pour la gestion des corps cétoniques si l’insuline est injectée avec un stylo (ou une seringue), et ICI en cas de pompe à insuline, afin d’en savoir plus.

3- Poursuivre l’alimentation et favoriser l’hydratation

La sensation de faim est souvent moins présente en cas de maladie. Cependant, dans le but de prévenir la formation de corps cétoniques, il est important de continuer de s’alimenter, de maintenir un apport en glucides et d’injecter l’insuline en conséquence.

Certaines collations contenant des glucides peuvent être favorisées dans ces situations, car elles sont plus faciles à digérer. Par exemple: compote de fruits, boisson de réhydratation (p. ex. Gastrolyte), popsicle régulier, gélatine aux fruits régulière (p. ex. Jell-O®), jus, pain avec ou sans confiture, etc.

Il est également important de boire beaucoup d’eau (environ 250 ml, ou 1 tasse, par heure) pour éviter la déshydratation et aider les reins à éliminer le surplus de sucre via les urines. 

4- Donner de l’insuline et ajuster les doses

Lors des jours de maladie, il est possible d’observer une augmentation de la glycémie ainsi qu’une résistance à l’insuline temporaire. 

Il est donc important de continuer de prendre de l’insuline durant cette période. Voici quelques conseils en fonction de l’insuline à prendre:

  • Insuline lente ou débit basal (pompe à insuline): À poursuivre comme à l’habitude. Cependant les besoins peuvent être plus grands, et il pourrait être nécessaire d’augmenter progressivement la dose, ou le(s) débit(s) en cas de pompe à insuline si la glycémie reste constamment élevée. 
  • Insuline rapide du repas: Celle-ci doit être calculée en fonction des glucides consommés. Si vous avez beaucoup de nausées ou de vomissements, c’est une des rares situations pour laquelle prendre l’insuline après le repas est recommandé.
  • Insuline rapide pour corriger la glycémie (bolus de correction): L’insuline pour corriger la glycémie se calcule habituellement avec un facteur de correction qui indique l’impact de 1 unité d’insuline sur la glycémie. Comme le corps peut être plus résistant à l’insuline durant ces journées, il est parfois nécessaire de donner une dose légèrement plus importante pour parvenir à corriger une glycémie élevée. Attention cependant à ne pas donner les doses de façon trop rapprochée pour ne pas causer d’accumulation d’insuline et obtenir le résultat inverse (hypoglycémie).

Les besoins en insuline sont différents et varient pour chaque personne. Il est donc important d’observer la glycémie avant de prendre une décision et d’augmenter les insulines graduellement si la glycémie reste élevée malgré l’administration des doses habituelles d’insuline (y compris les bolus de correction). 

Pensez également que l’augmentation des glycémies est temporaire, et que les besoins en insuline vont donc diminuer avec la guérison. 

5- Contacter le médecin ou se rendre à l’urgence

Soyez vigilants et contactez votre médecin ou rendez vous à l’urgence si vous observez un ou plusieurs des symptômes ci dessous :

  • Glycémie supérieure à 20 mmol/L et corps cétoniques demeurant supérieurs à 1,5 mmol/L avec des symptômes (p. ex., nausées, vomissements) malgré la prise d’insuline.
  • Glycémie supérieure à 20 mmol/L et corps cétoniques supérieurs à 3,0 mmol/L 
  • Vomissements continuels et incapacité à boire
  • Fièvre avec température supérieure à 38,5 °C (101,3 °F) pendant plus de 48 h

Dans tous les cas, n’hésitez pas à contacter votre équipe de soins, surtout si la gestion de la glycémie est difficile. 

Il est aussi important d’avoir le matériel requis en cas de besoin : bandelettes pour les corps cétoniques, seringues ou stylos  à insuline en cas de problème avec la pompe, réserve (fiole, cartouche ou stylo) en insuline, etc. 

Les journées de maladie représentent un stress pour l’organisme et compliquent la gestion de la glycémie. L’impact sur la glycémie peut être différent selon chaque personne qui vit avec le DT1.

Il est donc important de mesurer la glycémie et les corps cétoniques régulièrement pour rester prudent et éviter les complications.



Le projet BETTER est un projet destiné aux personnes qui vivent avec le diabète de type 1 au Québec. 

Nous cherchons à offrir une meilleure représentation du diabète de type 1, et à favoriser l'accessibilité aux thérapies et technologies, grâce au registre BETTER (sorte de recensement). 

N’importe quelle personne qui vit ou dont l’enfant vit avec le diabète de type 1 au Québec est invitée à s’inscrire au registre pour nous aider à faire bouger les choses. 
Vous pourrez ainsi participer aux webinaires que nous organisons une fois par mois.
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