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Diabète de type 1 et image corporelle: quel impact?

L’image corporelle est bien plus que ce que l’on observe dans le miroir. Il s’agit de ce que l’on perçoit de son corps mais également de ce que l’on pense que les autres perçoivent de notre corps. 

Cette image change au cours de la vie en fonction des expériences, et se construit à partir des pensées, des valeurs, des sentiments, ainsi que des messages véhiculés par l’entourage et la société. Par exemple, l’adolescence est une période durant laquelle le corps change et qui peut ainsi nécessiter une certaine adaptation pour apprendre à accepter ce nouveau corps tel qu’il est.

La mode, les médias sociaux et la publicité jouent un rôle important dans le développement de l’image corporelle. L’exposition à un modèle de beauté irréaliste, peu diversifié, et au culte de la minceur peut nuire à l’image corporelle et favoriser l’exclusion des personnes qui ne correspondent pas à ces modèles. Or de multiples silhouettes sont naturellement présentes dans la société.

De plus, certains commentaires de la famille, des amis, des professeurs, des entraîneurs, et parfois même de l’équipe de soins, peuvent aussi jouer un rôle négatif dans la perception de son apparence, même lorsque ces commentaires résultent de bonnes intentions.

Si de nombreux facteurs jouent un rôle dans l’image corporelle, vivre avec le diabète de type 1 (DT1) peut-il également l’influencer?

Influence du DT1

Des études ont démontré que les jeunes qui vivent avec une maladie chronique, comme le diabète de type 1, ont généralement une moins bonne image corporelle que les autres. En effet, certaines caractéristiques spécifiques au diabète de type 1 et sa gestion peuvent avoir un impact sur l’image corporelle, comme par exemple: 

  • Devoir porter une attention constante à son alimentation. 
  • Avoir l’impression de vivre dans un corps «malade».
  • Se faire peser régulièrement aux rendez-vous médicaux et recevoir des commentaires sur son poids.
  • Porter un dispositif sur le corps en tout temps (pompe à insuline, lecteur de la glycémie en continu).
  • Avoir des «marques» sur le corps en lien avec le traitement (p.ex. lipodystrophies, cicatrices, bleus, traces de colle).
  • Recevoir des commentaires stigmatisant de l’entourage (p.ex. se faire complimenter pour une perte de poids alors qu’on est en hyperglycémie depuis trop longtemps).

Une mauvaise image corporelle peut avoir un impact sur la qualité de vie, l’estime de soi et même la sexualité. Les études semblent montrer que plus l’image corporelle est négative, plus il y a de risque pour la personne qui vit avec le diabète de type 1 de présenter:

  • une hémoglobine glyquée plus élevée;
  • un indice de masse corporelle (IMC) plus élevé;
  • de l’anxiété, de la dépression, et une plus grande détresse.
  • des troubles du comportement alimentaire;

Bien que plusieurs personnes qui vivent avec le diabète de type 1 en font une force et affirment leur différence, en arriver là peut être un réel défi.

Comment accepter son corps?

Rares sont les personnes qui ne trouvent pas de défaut à leur corps. Cependant, il est tout à fait possible de voir son corps tel qu’il est en réalité. De plus, si l’accepter peut sembler difficile, voire impossible, il est tout de même possible d’apprendre à le respecter. 

Pour améliorer l’image corporelle il est possible de:

  • Se rappeler que l’apparence (et le poids) dépendent de plusieurs facteurs sur lesquels on n’a pas de contrôle (p.ex. l’âge, la génétique).
  • Se rappeler qu’il n’y a pas qu’un modèle de beauté, mais plutôt une grande diversité de corps et de personnes. 
  • Valoriser son corps pour ce qu’il permet d’accomplir plutôt que pour son image. (ex: mes jambes me permettent de marcher avec mes amis, mes bras me permettent de donner un câlin à mon animal de compagnie).
  • Pratiquez différentes activités physiques afin de déterminer ce qui vous fait réellement plaisir.
  • Être à l’écoute de son corps quand vient le temps de décider quoi manger et en quelle quantité, plutôt que de se laisser dicter ce qu’on doit manger et ce qu’on doit éviter. 
  • Évaluer comment les réseaux sociaux ont une influence sur la perception de l’image corporelle et faire le ménage des abonnements au besoin. Il existe de plus en plus d’influenceurs qui valorisent la diversité corporelle. 

En termes de gestion du diabète, il y a souvent des solutions à des problèmes spécifiques. Par exemple:

  • On peut opter pour une pompe à insuline sans tubulure ou même revenir aux injections d’insuline si le port de la pompe est gênant.
  • On peut revoir les stratégies d’ajustement d’insuline de façon à donner de l’insuline pour ce que l’on souhaite manger plutôt que de manger parce que l’on s’est donné un nombre d’unités d’insuline pré-déterminé.
  • On peut demander à l’équipe de soins de ne pas se faire peser ou de ne pas parler de poids si cela nous rend mal à l’aise.
  • On peut rejoindre des groupes de pairs qui vivent aussi avec le diabète pour échanger et, pendant ce temps, ne pas être «différent» des autres en raison du diabète. 
  • On peut consulter un.e psychologue spécialisé.e en image corporelle et diabète de type 1.

Si l’on s’arrête un instant pour apprécier les habiletés et les particularités de son corps, on peut graduellement apprendre à avoir confiance en son corps et à le traiter avec soin. Après tout, l’apparence ne révèle que très peu de choses sur la personne que l’on est. 

Référence:

  • Module «Tout sur l’image corporelle», Plateforme de formation en ligne Support, Projet BETTER

ÉCRIT PAR: Sarah Haag RN. BSc.

RELECTURE:

  • Amélie Roy-Fleming Dt.P., EAD, M.Sc.,
  • Rémi Rabasa-Lhoret, MD, Ph. D.,
  • Michel Dostie, DT1 depuis 30 ans

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