fbpx

Devenir pilote d’avion en vivant avec le diabète de type 1

En Février 2019, Austen McDonald, originaire d’Edmonton (Alberta) a obtenu le certificat nécessaire à l’obtention de sa licence de pilote d’avion professionnel, une première pour une personne vivant avec le diabète de type 1 (DT1) au Canada. Durant plusieurs années, il a défendu ce choix de carrière pour les individus vivant avec le DT1, auprès de Transport Canada

À l’heure actuelle, de nombreux pays dans le monde n’autorisent toujours pas les personnes qui vivent avec le DT1 à devenir pilotes. 

La raison du refus et l’évolution des mentalités

Avant février 2019, la raison principale du refus était le risque d’hypoglycémie, la difficulté de l’évaluer et les conséquences possibles d’un malaise. Ainsi, une personne vivant avec le DT1 ne pouvait pas obtenir le certificat médical nécessaire à l’obtention de la licence.

En revanche, il est intéressant de noter que les personnes qui avaient déjà une licence au moment du diagnostic de DT1 pouvaient obtenir ce certificat et continuer à voler. Cette différence surprenante illustre les discriminations, liées à la stigmatisation, des personnes qui vivent avec le DT1.

La possibilité pour les personnes de conserver leur licence après l’annonce du diagnostic a été en vigueur pendant plus de 15 ans, avant le changement de politique. Pendant ces 15 années, aucun incident, ou problème de sécurité, en lien avec le diabète n’a été enregistré.

C’est à partir de cette constatation que Austen McDonald et son père ont commencé à entreprendre les démarches pour faire évoluer les mentalités et les règlements. Appuyés par Diabète Canada et son équipe de soins, il leur aura fallu un peu plus de 5 ans pour réussir à changer les mentalités, et faire en sorte que cette politique discriminatoire soit reconsidérée .

Voler oui, mais sous certaines conditions.

Les personnes qui vivent avec le DT1 peuvent donc désormais obtenir le certificat médical nécessaire pour devenir pilote de loisir, contrôleur aérien, ou pilote de ligne. 

Afin d’obtenir ce certificat médical, la personne devra être évaluée par le médecin et satisfaire aux  les conditions suivantes:

  • Ne pas avoir eu d’épisodes d’hypoglycémie sévère (perte de connaissance ou incapacité de se traiter seul) au cours des cinq dernières années.
  • Avoir 90 % des valeurs de la glycémie supérieures à 5,5 mmol/l
  • Démontrer une bonne connaissance et une compréhension adéquate du diabète, de même qu’une bonne gestion de la glycémie.
  • Ressentir les symptômes de l’hypoglycémie.
  • Être évaluée par un spécialiste en diabète tous les trois mois.
  • Être évaluée par un ophtalmologiste, un cardiologue, un neurologue et un néphrologue lors de l’examen médical initial.

Une personne ayant démontré qu’elle répond à ces critères et qui ne présente pas de complications importantes en lien avec le DT1, peut donc obtenir son certificat. 

Elle devra ensuite voler avec un copilote et surveiller sa glycémie avant chaque vol, toutes les heures durant le vol, ainsi que 30 minutes avant l’atterrissage.

Ces contraintes, bien que nombreuses, ne sont pas impossibles à respecter : elles se résument en fait à l’ensemble des mesures qui visent à maintenir la meilleure gestion des glycémies possible. 

Exercer le métier de ses rêves, malgré le DT1 

Cet exemple permet de démontrer qu’un changement des mentalités est possible, même s’il reste encore à l’heure actuelle de nombreuses discriminations vécues par les personnes qui vivent avec le DT1.

Max Domi vit avec le DT1 et joue dans la Ligue Nationale de Hockey; plusieurs personnes vivent avec le DT1 au Canada et exercent des professions telles que : policier, pompier, ambulancier, etc. 

Vivre avec le DT1 peut rendre le processus plus compliqué et nécessite de travailler plus fort, mais rien n’est impossible! Si l’on dispose de beaucoup de motivation mais aussi du support nécessaire pour parvenir à une bonne gestion des glycémies, il est possible de parvenir à réaliser ses rêves. 


L’un des objectifs du registre BETTER (sorte de recensement des personnes qui vivent avec le diabète de type 1 au Québec) est d’évaluer la stigmatisation vécue par les personnes qui vivent avec le diabète de type 1. En vous inscrivant au registre, vous nous aidez à mettre en lumière ce qui se passe réellement et ainsi à faire évoluer les consciences. 
En savoir plus »

Références:

%d bloggers like this: