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Comment passer un Ramadan sécuritaire lorsqu’on vit avec le diabète de type 1

Le Ramadan est un mois saint célébré par les musulmans à travers le monde. Il implique, entre autres, un jeûne quotidien qui s’étend du lever au coucher du soleil. Ce jeûne stipule que l’individu ne peut rien boire ni manger durant la journée. 

Dans l’Islam, plusieurs personnes peuvent être exemptées de pratiquer le Ramadan, comme les femmes enceintes, les enfants et les personnes vivant avec certaines maladies chroniques (incluant le diabète de type 1 – DT1). Par contre, la décision de pratiquer ou non le Ramadan demeure un choix personnel. En effet, il est estimé qu’environ 43% des musulmans vivant avec le DT1 dans les pays à forte prédominance musulmane décident de jeûner.

Une personne vivant avec le DT1 qui choisit de jeûner doit faire preuve de prudence afin d’éviter un débalancement glycémique important. La pratique du Ramadan pour les personnes vivant avec le DT1 comporte plusieurs risques, particulièrement pour celles qui: 

  • Ont une hémoglobine glyquée (HbA1c) supérieure à 9%.;
  • Ont subi une hypoglycémie sévère ou une acidocétose diabétique dans les derniers 3 mois, ou ne ressentent plus les symptômes de l’hypoglycémie;
  • Ont des complications du diabète.

Quels sont les éléments à surveiller?

Tout d’abord, puisque l’individu passe plusieurs heures sans consommer de glucides, le risque d’hypoglycémie est accru. Ce risque est augmenté si une activité physique est également pratiquée, même si elle est d’intensité légère et de courte durée. Une révision des doses d’insuline basale avec l’équipe de soins avant de commencer la période de jeûne est nécessaire afin de limiter ce risque.

De plus, en sautant des bolus d’insuline habituellement pris au repas, le risque de produire des corps cétoniques est augmenté, particulièrement chez quelqu’un traité avec une pompe à insuline. Lors d’un jeûne de cette ampleur, il est conseillé de mesurer ces corps cétoniques régulièrement, surtout s’il y a présence de symptômes comme des nausées, une haleine fruitée ou cétonique, une fatigue excessive, etc. 

Pratiquer le Ramadan en toute sécurité

Si votre gestion glycémique des derniers mois est optimale et que vous décidez de jeûner, voici quelques conseils pour favoriser un équilibre glycémique durant le mois saint du Ramadan:

Gestion glycémique

  • 1 à 3 mois avant le début du Ramadan, discutez avec votre équipe de soins de votre intention de jeûner et, au besoin, ajustez vos doses (et peut-être le type) d’insuline.
  • Lors d’une hypoglycémie, il est primordial de rompre le jeûne et de consommer des glucides à action rapide. 
  • Si vous avez une glycémie trop élevée et/ou des corps cétoniques au-dessus de la norme, vous pouvez vous référer au plan d’intervention BETTER pour les corps cétoniques. Il est aussi recommandé de cesser le jeûne dans cette situation.
  • Évitez les activités physiques d’intensité élevée durant la durée du Ramadan.
  • Mesurez votre glycémie plus fréquemment.

Quoi manger?

  • Lors du Sahur (repas avant l’aube), choisissez des glucides à absorption lente (comme des haricots ou des grains entiers).
  • Lors de l’Iftar (repas pour rompre le jeûne), commencez par des glucides à absorption rapide (dattes et pain blanc par exemple), puis choisissez des glucides à absorption lente.
  • Lorsque votre jeûne est rompu, prenez des repas équilibrés et faites de votre mieux pour respecter un horaire stable.
  • Buvez 2 litres d’eau par jour entre le coucher et le lever du soleil.

Si vos glycémies sont souvent hors des cibles ou qu’un incident survient, veuillez consulter votre équipe de soins sans attendre.

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Références: