Changement de traitement et utilisation des nouvelles insulines lentes: restez vigilant pour éviter l’hypoglycémie.

Un changement de traitement et en particulier d’insuline lente chez les personnes vivant avec le diabète de type 1 peut être proposé pour différentes raisons : besoin d’améliorer la gestion des glycémies, réduction du risque d’hypoglycémies nocturnes, changement de routine, passage de la pompe à insuline aux injections, etc. Il existe différents types d’insulines lentes et elles possèdent chacune leur mode d’action. Ainsi, il est important que les personnes vivant avec le diabète de type 1 discutent avec leur équipe de soins des caractéristiques d’une nouvelle insuline prescrite.

Les différents types d’insulines et comment le corps les métabolise

Même si toutes les insulines permettent de faire baisser la glycémie, elles n’agissent pas toutes de la même manière. La rapidité et la durée d’action peut varier d’une insuline à l’autre.

Les insulines lentes comme la glargine (commercialisée sous les noms de  Lantus ou Basaglar) sont injectées une fois par jour et agissent pendant environ 24h. Parfois, l’effet de ces insulines peut diminuer avant la fin des 24h et ne pas couvrir les besoins en insuline de la journée au complet.

Il existe désormais de nouvelles insulines lentes qui ont un mode d’action un peu différent. C’est le cas de la glargine plus concentrée (commercialisée sous le nom de Toujeo) qui peut agir jusqu’à 30h ou de l’insuline degludec (aussi appelée Tresiba) qui a une durée d’action très longue pouvant aller jusqu’à 42h. Ces 2 insulines sont également prescrites une fois par jour et couvertes par la RAMQ comme médicaments d’exception (le médecin doit remplir un formulaire). Leur durée d’action plus longue permet de couvrir de façon plus uniforme les besoins en insuline de la journée. Il est démontré que ces insulines lentes réduisent le risque d’hypoglycémie et permettent souvent plus de flexibilité pour les horaires d’injection.

Concernant l’insuline degludec (Tresiba), il faut cependant noter qu’un délai d’environ 4 jours après la première injection peut être nécessaire avant de bénéficier d’une action stable. Du fait de sa durée d’action plus longue, cette insuline reste active plus longtemps dans le sang qu’une insuline lente de durée d’action plus courte (comme la glargine).

Les effets sur la glycémie

Lors de la prise d’une nouvelle insuline lente, il est important d’être particulièrement vigilant au cours des deux à trois premiers jours. En effet, il est possible que la dernière injection d’insuline lente soit encore active dans le sang et puisse avoir un effet sur la glycémie pour quelques jours dépendant de la durée d’action de l’insuline qui était utilisée. Si l’insuline est encore active dans le sang et que la nouvelle insuline est injectée, il y a un chevauchement de l’action des 2 insulines lentes et le risque d’hypoglycémie peut être augmenté.

Ce faisant, dès qu’il y a une modification du dosage ou du type d’insuline, il est important de vérifier la glycémie plus souvent qu’à l’habitude pendant les 48 à 72 heures qui suivent le changement. Il est également essentiel d’avoir toujours avec soi au moins 15 g de sucre à absorption rapide ainsi que du glucagon (nasal ou injectable) pour traiter une potentielle hypoglycémie.

Les médecins ou endocrinologues n’ont pas tous la même approche concernant le changement d’insuline lente. Il est donc important de prendre le temps de poser des questions à votre équipe de soins pour vous assurer de comprendre les risques associés et les précautions à prendre.


Le registre BETTER vise à établir une vision globale des différents traitements et mode de vie des personnes vivant avec le diabète de type 1.

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Référence

  • Irl B Hirsch, Boris Draznin, Transition of Patients to and from Insulin Degludec: A Clinical Challenge, The Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, , dgz280, https://doi.org/10.1210/clinem/dgz280