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Cannabis et diabète de type 1

Les effets de l’utilisation du cannabis, aussi appelé marijuana, chez les personnes vivant avec le diabète de type 1 (DT1) sont encore peu connus. Toutefois plusieurs équipes de recherche commencent à s’y intéresser

Selon sa composition, cette drogue peut généralement entraîner, chez tous les consommateurs, les effets à court terme suivants: altération de la coordination et des perceptions, perte de mémoire, impact sur la prise de décision, augmentation de l’appétit et ralentissement du temps de réaction. Tous ces effets peuvent avoir un impact direct sur la gestion du diabète.

Impact sur la surveillance de la glycémie

La consommation de cannabis peut conduire les personnes vivant avec le DT1 à moins bien surveiller leurs glycémies ou à mal calculer leurs doses d’insuline. Selon la situation, cela pourrait entraîner une hyperglycémie ou une hypoglycémie.

D’ailleurs, la modification des perceptions causée par le cannabis peut provoquer une perte de sensation des symptômes habituels d’hypoglycémie. Cela est extrêmement dangereux et pourrait entraîner une hypoglycémie sévère (perte de conscience et/ou impossibilité de la traiter soi-même). Enfin, en raison des effets de la marijuana sur la prise de décision, un individu pourrait ne pas traiter une hypoglycémie de manière appropriée.

Attention aux calculs des glucides et des doses d’insuline

Un individu ayant consommé du cannabis pourrait, par exemple, oublier de manger un repas ou une collation, augmentant ainsi le risque d’hypoglycémie. Au contraire, en raison de l’augmentation de l’appétit, un individu peut être enclin à manger suite à la consommation de cannabis ou manger plus entre les repas et aux repas. Dans ce cas, si la personne n’est pas assez alerte pour s’injecter son insuline et effectuer le suivi requis, il y a possibilité d’hyperglycémie.

De plus, l’altération des perceptions peut entraîner un mauvais calcul d’insuline et/ou de glucides, voire même l’oubli d’injecter l’insuline habituelle. Le risque de débalancement glycémique est donc important. Il faut également penser que certains produits du cannabis cuisinés (brownies, biscuits, bonbons) peuvent contenir des glucides.

Enfin, des chercheurs ont observé que les personnes utilisant régulièrement du cannabis ont en moyenne une hémoglobine glyquée plus élevée (HbA1C de 8.4%) que les non-utilisateurs (HbA1C de 7.6%). Ceci suggérerait que les personnes consommant du cannabis ont en moyenne plus de difficulté à maintenir leurs glycémies dans les valeurs recommandées.

Augmentation du risque d’acidocétose diabétique

Une acidocétose diabétique est une situation d’urgence se produisant lorsque le corps n’arrive pas, sur une période prolongée, à bien utiliser le glucose comme source d’énergie. Il se sert alors d’une autre source d’énergie : les réserves de gras. Cette utilisation provoque des déchets appelés «corps cétoniques» qui, en grande quantité, peuvent être toxiques pour le corps, particulièrement pour le cerveau. Selon une étude publiée en 2019, le risque d’acidocétose diabétique est presque deux fois plus élevé chez les personnes ayant consommé du cannabis dans la dernière année.

Les causes de cette augmentation du risque d’acidocétose diabétique ne sont pas encore bien documentées, mais l’hypothèse principale est que la marijuana ralentit le système digestif. Cela pourrait causer plus de vomissements et de déshydratation que chez les non-utilisateurs. Pour plus d’information, cliquez ici.

Comment consommer de la manière la plus sécuritaire possible

Pour les raisons mentionnées ci-haut, l’usage de la marijuana récréative sous toute forme n’est pas recommandé pour les personnes vivant avec le DT1. Si vous décidez d’en consommer, il est important de vous informer et de vous préparer en conséquence.

Voici quelques recommandations afin de vivre une expérience sécuritaire:

  • Calculez vos glucides à l’avance si vous prévoyez manger sous l’influence du cannabis.
  • Programmez des alarmes sur votre téléphone ou autre appareil afin de vous rappeler de prendre votre glycémie régulièrement et/ou de vous injecter votre insuline.
  • Ne combinez pas la consommation d’alcool et de marijuana.
  • Ne consommez du cannabis que de façon occasionnelle.
  • Portez une identification indiquant que vous avez le DT1 et/ou avisez les personnes autour de vous que vous avez le DT1
  • Discutez avec votre médecin de la fréquence de votre consommation et des ajustements d’insuline requis.

Un module sur le cannabis et le DT1 sera bientôt disponible sur SUPPORT, notre plateforme de formation en ligne pour les personnes vivant avec le DT1.

Pour accéder à SUPPORT, remplissez les deux premiers questionnaires du registre BETTER.

Références

  • Akturk HK, Taylor DD, Camsari UM, Rewers A, Kinney GL, Shah VN. Association between cannabis use and risk for diabetic ketoacidosis in adults with type 1 diabetes. JAMA Intern Med. 2019;179(1):115-118
  • World Health Organization. The health and social effects of nonmedical cannabis use. Geneva: WHO, 2016.